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"Le ciel d'étain au ciel de cuivre succède" ft. Barbara Newton

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Sujet: "Le ciel d'étain au ciel de cuivre succède" ft. Barbara Newton
Sam 29 Juil - 0:02


Le ciel d'étain au ciel de cuivre succède
Octobre 2022 feat  @Barbara Newton  


« Le ciel d'étain au ciel de cuivre
Succède. La nuit fait un pas.
Les choses de l'ombre vont vivre.
Les arbres se parlent tout bas. […] »

Victor Hugo, « La nuit », Toute la lyre, 1889-1893 (1846).

***

Il était déjà tard. Un ciel de jais recouvrait le château, le nappant de ses volutes ténébreuses. Le soir s’était immiscé jusqu’aux tréfonds des couloirs de pierre de Poudlard. La grosse horloge venait de sonner onze coups, marquant que la nuit était bien avancée. Les gros nuages qui avaient, au cours de la journée, alourdi le ciel s’étaient en partie dissipés. Plutôt, ils avaient migré plus loin, poussés par un vent du Nord. C’était un de ces vents qui, l’automne venue, balayaient les plaines et les plateaux d’Écosse. Un vent froid, soufflant depuis le Septentrion, qui, prodrome de l’hiver, annonçait la venue de la mauvaise saison. Alors, petit-à-petit, l’on voyait les capes ressurgir sur les épaules des apprentis sorciers et des professeurs. Les légers foulards, portés nonchalamment, laissaient la place à des écharpes faites de tissu chaud, en laine le plus souvent. Cependant, alors que le soleil se couchait, le vent était peu à peu tombé. Sans nuage ni vent, la nuit était relativement agréable, bien qu’un peu fraîche. Le ciel, dégagé des cumulus, étincelait de mille feux au-dessus des tours du château. Comme des petites lucioles dans l’obscurité, les étoiles brillaient dans la voûte céleste. La lune, quant à elle, dardant ses rayons d’argent, éclairait d’une lueur cristalline la nature.

Cette atmosphère de calme beignait le domaine de Poudlard. Au vu de l’heure, tardive, les élèves étaient dans leur salle commune. Sous la vigilante surveillance des préfets de leur maison d’appartenance, ils étaient soit couchés, soit en train de converser avec quelques-uns de leurs camarades. Les plus studieux, ou les plus en retard, planchaient encore sur les devoirs que leurs enseignants leur avaient donnés. Portons un instant notre regard près de l’entrée Sud du domaine. Par-là, l’on accédait à Poudlard en empruntant un pont couvert en bois, débouchant sur un cloître, au pied de la Tour de l’Horloge. Le cloître était d’une taille relativement modeste, notamment en comparaison avec celui du viaduc, bien plus large. L’entrée Sud, via l’étroit pont couvert, était, qui plus est, moins empruntée que celle du viaduc. Le cloître de la Tour de l’Horloge était l’une des parties les plus anciennes du château. À la différence de la plupart des cloîtres, celui-ci était composé de trois galeries, sans voûte, et non quatre, puisqu’il était accolé à la Tour de l’Horlorge et à la lourde porte de bois permettant d’entrer à l’intérieur du château. Les galeries étaient constituées de colonnes formant des arcades et reposant sur un muret en pierre claire. Les arcades, délicatement ouvragées, s'enroulaient autour de la cour centrale. Du lierre et autres plantes grimpantes enlaçaient les colonnes, ajoutant une touche de couleur au lieu. Au centre du cloître se trouvait une ancienne fontaine, partiellement détruite. Initialement sculptée comme une petite tour, la fontaine était composée de quatre piliers soutenant une toiture triangulaire. Un des piliers avait été détruit et, ce faisant, une partie du toit s’était effondrée. Au milieu de l’espace délimité par les piliers, un petit bassin subsistait. Aux quatre coins de la fontaine, au pied des piliers, sur de petits piédestaux proéminents, reposaient quatre aigles déployant leurs ailes.

La lune faisait danser ses rayons d’argent sur les pierres patinées par les années. L’atmosphère était extrêmement calme. Seule une très légère brise, s’engouffrant à travers les arcades, venait balayer la végétation, faisant bruisser le lierre de murmures à peine perceptibles. Assis dans l’ouverture formée par une arcade, Silas Avery, Professeur d’Astronomie, regardait le ciel qui s’offrait à sa contemplation. L’été était terminé et, avec lui, les plus belles occasions pour mirer le firmament. Néanmoins, certains astres et phénomènes célestes pouvaient être observés pendant l’automne, et même pendant l’hiver, pour peu qu’il n’y ait pas de nuage, bien sûr. La clarté de cette nuit permettait une telle observation. Après une longue journée, où les séances théoriques s’étaient succédé, Silas avait ressenti l’envie de se promener. Goûtant la tranquillité et l’atmosphère si particulière des nuits de Poudlard, il avait déambulé dans le château, depuis ses appartements. Il aurait pu, bien entendu, monter les nombreuses marches de la Tour d’Astronomie et, depuis son sommet – le plus haut point de vue de tout le domaine –, laisser son regard se perdre parmi les étoiles. Or, il avait préféré laisser ses pas le guider pour une ballade nocturne. Ceux-ci l’avaient donc conduit jusqu’à l’entrée Sud du château. Franchissant le seuil de la lourde porte de la Tour de l’Horloge, il avait débouché dans le cloître de la dite-tour. Il avait fait le tour des galeries avant de se poser quelques instants devant la fontaine. Les ténèbres nocturnes, par leur calme et leur atmosphère, étaient propices à des pensées qui, de jour, jamais ne survenaient. Silas se prit à songer à l’histoire de cette fontaine. Combien d’élèves, sorciers et sorcières en devenir, étaient passés devant elle sans jamais se questionner à son sujet ? Pourquoi était-elle demeurée en l’état, partiellement détruite, et jamais reconstruite ? Autant de questions que la nuit posait sans apporter la moindre réponse. Silas tourna alors le regard vers le pont de bois qui conduisait à l’extérieur du château. Allait-il continuer ses déambulations dans cette direction ? Probablement pas. Il ne souhaitait pas aller trop loin, simplement se dégourdir un peu les jambes dans la tranquillité que Nyx et Érèbe lui offraient.

Le Professeur d’Astronomie s’était ensuite écarté de la fontaine pour aller s’asseoir dans l’espace formé par l’ouverture des arcades. C’est là que nous, Narrateur consciencieux de cette histoire, l’avait trouvé. L’enseignant tenait un petit carnet dans sa main droite, un crayon dans celle de gauche. Les yeux fixés par le ciel, il couchait sur son carnet quelques croquis. Ceux-ci n’avaient rien de scientifique. C’était un passe-temps, une activité qui lui permettait de ne penser à rien. Dans le face-à-face entre les astres et celui qui tentait de les dessiner, un lien étrange se tissait. C’était une fascination qui rendait l’environnement secondaire comme si, grâce au dessin, l’on pouvait éphémèrement quitter la terre pour toucher du bout du doigt les étoiles. Silas était revêtu d’un pantalon noir et d’une chemise blanche de style édouardien dont le haut était déboutonné - notre homme ayant, pour sa marche nocturne, ôté la cravate qu’il avait portée toute la journée. Un gilet émeraude, avec de discrets motifs en spirale, ainsi qu’une veste longue noire complétait l’ensemble. Ou presque. Du fait de la fraîcheur de la nuit, le titulaire de la chaire d’astronomie avait passé une ample cape grise. En réalité, le vêtement, caractéristique de la mode du monde des sorciers, était à mi-chemin entre le manteau et la cape. Il se portait comme un manteau, les bras dans des manches, mais celles-ci étaient très larges, donnant l’ampleur d’une cape.

Ce fut le bruit de pas, sur les pavés, qui sortit l’astronome des va-et-vient que son regard faisait, entre le carnet et les étoiles. Il regarda en face de lui. Il lui semblait que les bruits entendus venaient de la galerie située droit devant. Une silhouette se dessina entre les arcades. Un étudiant se promenait-il dans le château ? Au vu de l’heure, tardive, c’était la punition assurée. Élancée et gracile, la silhouette était féminine. Silas corrigea dans sa tête. Une étudiante se promenait-elle dans le château ? Cela ne changerait rien à la punition, du reste. C’était un véritable manque de chance que d’être arrivé à se glisser hors de son dortoir pour tomber, par inadvertance, sur un Professeur. Ceci dit, Silas n’avait guère envie de faire preuve de mansuétude. S’il avait rencontré l’imprudente sorcière en herbe dans les couloirs, à l’intérieur du château, il aurait pu laisser passer la fraude, à condition que la coupable regagnât de suite ses quartiers. Mais là, c’était en extérieur qu’il l’avait découverte. Même si cet extérieur était encore le château, cela signifiait que l’élève avait voulu se rendre dehors. Cette infraction-là ne pouvait être ignorée. Silas se releva, rangea dans un pli de sa cape le carnet et le crayon, ajusta le vêtement d’un revers de la main et se dirige vers la silhouette. Ce faisant, il nota qu’elle était plus grande que celle d’une élève. Il sourit. C’était donc une autre enseignante. « Bien le bonsoir ! Professeur ? » héla Silas, ne sachant si la collègue avait noté sa présence. Sa voix était demeurée en suspens, comme pour marquer qu’il n’avait pas encore identifié la personne.

Alors qu’il s’approchait, l’identité de la personne se précisa. Silas était alors au milieu de la cour, près de la fontaine. Il arrêta ses pas, reconnaissant la Professeure Newton. Sous le ciel nocturne, les rayons de Séléné faisaient miroiter l’or des boucles de sa chevelure. Les Professeurs d’Histoire de la Magie et d’Astronomie n’étaient pas de parfaits inconnus l’un pour l’autre et ce, même si Silas n’avait pas étudié à Poudlard. En effet, les parents de Silas, après de longs désaccords sur le lieu où leurs enfants devaient étudier, décidèrent d’envoyer l’aîné, Silas donc, à Durmstrang et la cadette, Lena, à Poudlard. Lena et Silas avaient six années d’écart. Malgré la distance, ils restèrent relativement proches, nouant une correspondance abondante. Au cours de ses années à Poudlard, Lena se lia d’amitié avec plusieurs de ses camarades dont deux jeunes étudiantes de Gryffondor, elle qui appartenait à la Maison de l’Aigle. Barbara Newton était l’une d’elles. Lena, dans ses lettres, lui parlait largement de ses amies, narrant leurs aventures, leurs joies et, parfois, leurs déconvenues. Lorsqu’il revenait en Angleterre, pour les vacances, notre homme voyait souvent sa sœur avec ses amies. Il n’était pas rare que, Lena les ayant invitées dans la vaste demeure familiale des Avery, Silas rencontrât le petit groupe d’amies dans les couloirs du manoir. Ils avaient un peu échangé mais, en cet âge d’adolescence, six années d’écarts, qui plus entre garçons et filles, étaient un fossé. D’ailleurs, Silas avait toujours laissé à sa sœur son indépendance, se refusant à s’imposer dans ses amitiés et relations. Silas se souvenait qu’il y avait eu, un temps, une quatrième jeune sorcière dans leur groupe. Cependant, cette quatrième acolyte disparut un jour des lettres et, quand Silas revenait dans la demeure familiale, il ne croisait plus que trois des quatre amies. Notre homme se douta, alors, que quelque chose avait dû se passer, mais, discret, il n’avait pas interrogé sa sœur. Alors que Silas avait longtemps vécu à l’étranger, Lena, elle, était plutôt restée en Grande-Bretagne. En 2020, les parents de Silas et Lena décédèrent dans un accident, obligeant l’aîné des enfants à revenir en Albion. Las de ses voyages, l’astronome décida d’y demeurer définitivement. Par la suite, il fit acte de candidature pour intégrer le personnel de Poudlard, en qualité de Professeur d’Astronomie. De fait, il voyait plus régulièrement sa sœur qui, s’il en croyait leurs conversations, était restée proche de Barbara. Récemment, Silas et Lena s’étaient cependant accrochés sur la question du devenir de leur famille. Ils étaient les héritiers d’une lignée de Sang-Purs dont, du reste, Silas devait assurer la direction. Cela leur imposait certaines obligations, notamment matrimoniales. Il ignorait si Lena s’en était ouverte à son amie.

Ce fut donc avec une relative surprise qu’il découvrit, lors de cette rentrée, le visage, encadré par une longue chevelure blonde, de l’amie de sa sœur parmi les nouveaux enseignants à Poudlard. Depuis la rentrée, ils n’avaient pratiquement pas discuté, mis à part quelques échanges convenus ou d’ordre administratif. Il fallait dire que Poudlard ressemblait, sur ce point, à tous les autres établissements scolaires, y compris moldus. Les semaines qui suivaient la rentrée étaient celles d’ajustement, de corrections des emplois de temps et d’appréhension de cet environnement si particulier. Enseignants comme élèves étaient sur des chardons ardents. Fort heureusement, avec le mois d’octobre, une routine apaisante prenait peu-à-peu le pas sur la frénésie de septembre. Revenons à cette fortuite et nocturne rencontre. Silas esquissa un sourire en direction de sa collègue. « Barbara, c’est donc vous ! Je dois dire que je ne m’attendais guère à trouver quelqu’un à cette heure ». Il désigna, d’un mouvement de la main, le cloître dans lequel ils se trouvaient. « Êtes-vous, vous aussi, venue admirer la beauté du château, une fois la nuit venue ? »
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Sujet: Re: "Le ciel d'étain au ciel de cuivre succède" ft. Barbara Newton
Mar 15 Aoû - 11:13

Le ciel d'étain au ciel de cuivre succède

Nous étions en octobre. L’année scolaire venait de démarrer depuis un bon mois et je dois avouer que j’étais plus qu’heureuse. Oui, je vivais enfin le rêve que je possédais lorsque j’étais moi-même étudiante au sein de Poudlard. Je me souvenais encore de toutes ces heures passées à fouler les couloirs de Poudlard, je me souvenais de tous ces moments partagés avec le trio avant que l’une d’entre nous s’en aille après m’avoir brisé le coeur. Je gardais en mémoire tous les moments partagés, les bons comme les mauvais. Du trio, j’avais gardé contact avec les filles mais surtout avec Lena qui restait ma meilleure amie depuis le premier jour, depuis les premiers instants où nous nous sommes parlés.

Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer son frère au sein de Poudlard à la rentrée de septembre. Nous nous étions croisés plus d’une fois dans le domaine Avery mais à l’époque, l’âge nous éloignait beaucoup trop pour que nous puissions discuter. Puis le temps a passé. J’ai grandi, je suis partie voyager dans le monde entier pour découvrir de nouvelles choses, je restais en contact avec Lena mais il est vrai que je n’avais plus vu son frère depuis bien des années, ce dernier n’ayant pas étudié à Poudlard. Depuis la rentrée, nous avions échangés quelques mots mais globalement, cela concernait nos cours ou bien les échanges que les professeurs peuvent avoir entre eux.

J’appréciais cette atmosphère de calme qui régnait dans l’école. L’heure était tardive, les couloirs vides d’élèves, tous dans leurs salles communes. Ma baguette dans la poche de ma cape noire que j’avais passé par dessus ma tenue qui était assez sobre, une robe de sorcière dans les tons bleutés (vous noterez à quel point je raffole de la couleur bleue) pour une petite promenade en ce début de soirée tardive. Le temps commençait à se raffraichir, nous allions démarrer la saison que je préfère. J’aime le reflet de la neige sur le paysage, oui, c’est en partie pour cela que j’aime l’Ecosse. Les paysages sont tellement magnifiques. Sans que je ne m’en rendent vraiment compte, mes pas me mènent jusqu’à une fontaine que je connais bien, tout du moins, j’étais passé par là de nombreuses fois durant mon enfance, puis encore depuis mon retour…

Mes cheveux blonds détachés, ils étaient libres de flotter au gré du vent tandis que les boucles blondes profitaient sans doute du fait d’être enfin libérées de toute cette journée attachées en chignon. Remettant mon écharpe correctement autour de mon cou, je sursaute en entendant une voix avant de me rendre compte de l’identité de la dite voix. Silas. Le frère de Lena. Mon collègue, enseignant l’Astronomie. Il faudrait que j’écrive à Lena, il fallait qu’on se voit, elle me manquait, je dois bien l’avouer. Un sourire éclaire mon visage.

« Bonsoir Silas, je suis dans le même cas. Il semblerait que nous aillons eu la même idée. J’apprécie le silence de Poudlard à cette heure tardive. » énonçais-je alors.

Passant une mèche blonde derrière mon oreille, je finis par reprendre la parole.

« Tout a fait, et profiter de la fraicheur de ce début de nuit. » avouais-je « nous allons vers une saison que j’apprécie grandement, il faut bien l’avouer. Et vous ? Les astres vous ont appelés ? » demandais-je avec un sourire.

Levant le regard vers le ciel, je ferme les yeux quelques secondes avant de reprendre la parole.

« Lorsque j’étais petite fille, parfois, lorsque mon père était là, nous pouvions passer des heures à regarder les étoiles. Parfois, je me dis que si je regarde assez longtemps les étoiles, il m’enverra un signe. » lâchais-je alors.
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