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Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery

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Sujet: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Dim 2 Juil - 22:32

Ad Astra Per Aspera
Queenie & Silas

« Dark was for stars and dreams and the magic that took place in between days. »

La soirée commence sous les meilleurs auspices. La demeure des Shafiq est divine, les couleurs éclatantes, le mobilier distingué. On y sent des embruns de vanille de Madagascar et on y rencontre d’énormes bouquets de fleurs exotiques. Les invitations ont été restreintes ce soir. Les Shafiq adorent l’art du favoritisme et, il faut bien l’avouer, y excellent dans une cruauté qui se veut adorable. Queenie, apprêtée dans sa robe aux tons roses et au tissu ondulant, se met à rire en acceptant le verre que lui tend son amie, Indira. « Tu ne le trouves pas des plus séduisants ? » Queenie pose un regard en coin sur la jolie indienne, trempant ses lèvres dans le champagne pétillant. Indira considère un instant Cassian des pieds à la tête, comme si elle inspectait un de ses canapés qu’elle adore. « Ce serait mieux s’il n’ouvrait pas la bouche. » Un sourire amusé se cristallise malgré elle sur les lèvres de Queenie, un rire lui échappe. « N’est-ce pas le cas de tous ? » La malice danse dans les beaux yeux noirs de la poufsouffle. « C’est bien pour ça que tu t’aies dégoté le mari idéal. Il ne parle que quand c'est absolument nécessaire. Je veux le même.» L’incrédulité la berce dans un amusement certain. « Vu comme ça… c’est un point de vue que je n’avais pas envisagé. » Indira n’a pas tort, pas tout à fait et les conversations tout autour vont bon train. « De rien. » Les verres s’entrechoquent mignonnement. « Tu aurais pu l’inviter d’ailleurs. » « Qui ? Adrian ? Pita a dit seulement de grands chercheurs en magie. C’est pour ça que ton père est là d’ailleurs. » Ce dernier est en pleine débat avec l’oncle d’Indira, une histoire à propos des lois sur les artefacts venant d’être votées par le congrès sorcier égyptien. Sa mère aurait dû être là également mais une urgence auprès d'Astoria l'en a empêché.

Queenie rêveuse tourne son visage vers sa camarade qui darde son coude sur son bras. « Et puis, tu vas assez passer de temps avec lui bientôt, inutile d’en rajouter. Cela dit… » Elle connait suffisamment sa cadette pour savoir ce que ce ton cache. L’attention se fait plus précise. « Cela dit… » « Comme je connais ton genre, rassure toi, pour le dîner tu seras à côté d’un homme taciturne, aux jolies boucles et aux yeux bleus. » Le visage s’allonge légèrement sous la moquerie de l’indienne. « Ah, ah ! » Elle a un petit froncement de nez en guise de première réponse. « J’ai survécu au diner des Lestrange pas plus tard que la semaine dernière, celui-ci sera une partie de plaisir peu importe ce que vous m'avez préparé. » Termine-t-elle d'un ton volontiers hautain.

C’est la grand-mère d’Indira qui annonce que le repas est servi et les convives se lèvent tour à tour puis viennent prendre place. Il y a toujours ce moment amusant où chacun doit chercher et trouver son nom sur la longue table décorée pour l’évènement. Queenie a des sourires affectueux vers les frères et sœurs de son amie avant de trouver enfin sa place. A sa droite le beau-père de l’hôtesse de maison qui, elle le sait, s’avère sourd comme un pot. Elle le salut néanmoins chaleureusement, un peu de miel sur ses lèvres. A sa gauche, « Professeur ! » Elle a un sourire heureux en voyant le visage connu avant de se mordre les lèvres, un peu d’impertinence charmeuse sur la langue. « Ah, mais je ne suis plus votre élève. J’ai donc bien l’intention d’user de mon nouveau statut d’étudiante en Arts Magique pour ne plus avoir à vous donner du professeur, vous ne m’en voudrez pas, n’est-ce pas ? » Elle s’installe, l'humeur mutine, tandis que le signal est donné et que le dîner débute. « Indira m’avait dit que j’aurai un voisin qui… enfin, elle ne m’a pas dit que c’était vous mais c’est une heureuse surprise. » De fait, en tant qu'enseignant, Silas s'est toujours montré très réservé mais peut-être qu'ici, loin des murs glacés de Poudlard, les choses seront différentes.

Le regard émeraude étincèle de curiosité. Les Avery sont fort discrets de nature de toute façon depuis quelques temps. La guerre ne les a pas épargnés évidemment mais même revoir Silas revenir au pays après ses études à Drumstang puis ses pérégrinations à travers le monde a provoqué un certain émoi dans la bonne société sorcière britannique. Alors que les hors d'œuvres apparaissent, Queenie tourne son attention vers l'astronome de renom. « Comment vont donc les étoiles, monsieur Avery ?»

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Dernière édition par Queenie Nott le Lun 3 Juil - 21:23, édité 2 fois
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Lun 3 Juil - 19:00


Ad Astra Per Aspera
Décembre 2022 @Queenie Nott

La journée était déjà bien avancée lorsque Silas Avery avait refermé le carnet sur lequel il inscrivait les notes des parchemins dont il venait de terminer la correction. Il s’agissait des travaux d’étudiants de quatrième année. Comme tout bon ensemble de copies estudiantines, le bon côtoyait le mauvais et le médiocre. Le tout n’était cependant pas si terrible et Silas était même, à plusieurs égards, globalement satisfait du travail rendu. C’est alors qu’il entendit sonner la grosse horloge de Poudlard. L’heure qu’elle marquait lui indiquait qu’il risquait fort d’être en retard. Silas avait en effet été invité par la famille Shafiq. Cette dernière avait organisé une réception pour des invités visiblement triés sur le volet. C’étaient en tout cas les dires du patriarche Shafiq quand il lui avait adressé une invitation. Notre astronome avait bien compris le message : un refus ou pire, une annulation de dernière minute, serait certainement considéré comme un affront. En vérité, Silas ne pouvait dire s’il appréciait ou non les mondanités. Il n’avait finalement que peu eu l’occasion de se mêler à la bonne société magique britannique. Sa famille était composée de Sang-Purs dont plusieurs s’étaient largement compromis lors du retour du Seigneur Noir. Son grand-père, Tobias Avery Sr. (dit Avery I) puis son oncle, Tobias Jr. (Avery II), avaient été de fervents Mangemorts. Silas, quant à lui, était le fils de Marcus Avery, le cadet de Tobias Avery Sr. Marcus ne fut jamais un Mangemort, préférant taire ses opinions pour mieux faire des affaires dans l’import-export de marchandises magiques. Silas avait été envoyé, à titre exceptionnel, à Durmstrang pour y étudier. Aussi, nombre de ses relations amicales avaient été liées dans ces contrées septentrionales, et non en Grande-Bretagne. C’est d’ailleurs là-bas, dans le nord de l’Europe, qu’il fut un temps fiancé avec une sorcière norvégienne. Les noces, cependant, ne se concrétisèrent jamais. Par la suite, Silas avait beaucoup voyagé pour étudier les étoiles, publiant même un ouvrage qui lui avait assuré une petite renommée. Il ne rentra que tardivement en Albion, à la mort de ses parents. Leur disparition en faisait le seul héritier mâle des Avery. Son oncle, Tobias Jr. (Avery II), croupissait quant à lui toujours à Azkaban. Silas comprit rapidement que ce nouveau statut ne manquait pas d’intéresser la société sang-pur. Il fut ainsi invité à quelques sauteries, de ci de là, depuis son retour. Avec le temps, il avait fini par s’y habituer et, même s’il n’évoluait alors pas dans son milieu naturel, il parvenait à donner le change, puisant dans les souvenirs de son éducation avant son départ pour Durmstrang.

Bref, il n’avait pas refusé l’invitation des Shafiq. D’ailleurs, il n’avait aucune envie de le faire. Autant il aimait grandement sa nouvelle vie, ici à Poudlard, et son métier d’enseignant, autant il appréciait de sortir parfois et de quitter le château. Ce soir, il s’agissait de goûter aux charmes de la vie mondaine. L’heure avançait toujours, et l’astronome devait encore se changer. Pour l’occasion, il ne se montra guère original. La soirée s’annonçait des plus distinguées. Silas opta dès lors pour un smoking tout à fait classique. Il était de couleur noire, bien sûr, avec une pochette blanche. La veste, croisée – c’était là la seule véritable originalité de la tenue -, était portée sur une chemise blanche et un nœud papillon du même noir que le reste de la tenue. Grâce à la poudre de cheminette, Silas gagna facilement Londres, puis la demeure des Shafiq. L’endroit était d’un luxe tout à fait ravissant. Les hôtes du soir savaient recevoir et, quand ils le faisaient, ils ne lésinaient pas sur les moyens ou la qualité. Silas fut accueilli avec beaucoup de déférence et il ne tarda pas, une fois sa cape déposée, à se mêler aux convives qui étaient déjà arrivés. L’astronome savait plus ou moins que, parmi les invités, se trouvaient des savants de renom, des membres du Ministère mais aussi leurs fils et filles dont certains étaient, ou avaient été, des élèves de Silas. Indira Shafiq, la fille du maître de maison, était sans surprise présente. Elle était en sixième année, rattachée à la maison Poufsouffle. C’était une bonne élève, appliquée, quoiqu’un brin fantasque par moments. Lorsqu’il arriva dans la salle de réception, l’astronome nota qu’Indira était en discussion avec une autre jeune femme, vêtue d’une robe qui tirait sur le rose et dont le tissu ondulait dans l’atmosphère nocturne. La sorcière qui la portait était de dos. Aussi, Silas ne la reconnut pas. Il continua sa route et fut arrêté par la grand-mère d’Indira Shafiq. Celle-ci le remercia de sa venue, tout en précisant qu’elle était très heureuse de voir un membre de la famille Avery participer enfin à ces soirées. Il sembla à Silas qu’elle avait insisté sur le mot « enfin », comme pour souligner avec habileté le sort peu enviable de la branche aînée de la famille. Silas lui sourit et la remercia de son invitation. En effet, l’atmosphère élitiste, le charme de la décoration et la présence de savants avec qui converser avaient convaincu Silas qu’il passerait une excellente soirée. Son interlocutrice le questionna sur Poudlard et sur les progrès de sa petite-fille, ce à quoi Silas répondit, dans un sourire amusé, en rappelant qu’Indira Shafiq faisait la fierté de sa famille. La matriarche laissa échapper un rire clair, traitant gentiment Silas de bonimenteur souhaitant s’attirer les bonnes grâces de la maîtresse de maison. Elle le quitta ensuite pour terminer d’ordonner le repas. Ce dernier devait être servi dans quelques instants. Silas échangea également quelques mots avec un employé du Ministère, croisé par le passé, mais dont il ne parvenait pas à se rappeler le nom. Il le lui cacha, bien sûr, pour ne pas risquer de le froisser. Il croisa alors la route de Théodore Nott. Sorcier réputé pour ses inventions, Théodore n’en était pas moins d’une nature plutôt réservée. Silas avait eu l’occasion de le croiser plusieurs fois. Étant lui-même d’un naturel discret, la réserve de Théodore Nott ne le gênait guère. Se retrouvant face-à-face, ils échangèrent quelques mots. Theodore lui parla d’un problème avec le monde magique égyptien : une nouvelle législation allait réglementer le transport d’artefacts. Silas confessa ne pas en avoir entendu parler, tant il est occupé à son enseignement et à la rédaction d’un second ouvrage d’astronomie. À ces mots, Théodore parut intéressé. Silas lui indiqua qu’il s’agissait d’une commande de la part d’un éditeur souhaitant mettre en vente un nouveau manuel d’astronomie. Il ne s’agissait donc pas d’un ouvrage scientifique, mais d’un outil pour les futurs étudiants de Poudlard. Le manuel actuel, intitulé Étoiles et constellations en sorcellerie. Approches magiques de l’astronomie, était largement daté. Silas s’enquit de la présence Daphné Nott, l’épouse de Théodore. Cette dernière était en réalité absente. Silas en fut navré. Il ne connaissait que peu Daphné Nott, née Greengrass, mais il avait apprécié les rares conversations qu’ils avaient eues, lors de soirées semblables à celle à laquelle il participait présentement. Néanmoins, Théodore mentionna que sa fille, Queenie, était de la soirée. Celle-ci était désormais étudiante en Arts Magiques. Il ajouta qu’elle était fiancée avec Adrian Lestrange, ce à quoi Silas répondit par des félicitations d’usage. Les mariages entre familles de sang-purs étaient en effet la règle au sein du monde des sorciers. Théodore se tourna alors, lui montra discrètement la jeune femme dans la robe aux tons rosés qui discutait avec Indira Shafiq et indiqua qu’il s’agissait de Queenie. Théodore, repérant tout à coup l’oncle d’Indira parmi les invités, souhaita aller lui parler du souci avec les Égyptiens et invita Silas à le suivre. D’après Théodore, il serait fort intéressé par les travaux de notre astronome, une fois la question égyptienne abordée bien sûr. Avery accepta mais invita Théodore à prendre de l’avance. Il souhaitait reprendre un verre avant le début du repas.

Alors qu’il remplissait son verre et que Théodore Nott était en grande discussion avec l’oncle d’Indira, la grand-mère de celle-ci indiqua aux invités que le repas était servi. Un plan de table avait été dressé pour l’occasion. Silas navigua ainsi entre les convives pour trouver sa place. Il finit par la découvrir et s’y installer, sans faire attention à la personne qui se dirigeait vers à la place à côté de lui. « Professeur ! » Silas tourna vers la tête vers la voix, visiblement féminine, qui l’avait appelé. Il reconnut Queenie Nott, la fille de Théodore. Elle lui adressa un sourire heureux avant de poursuivre, un brin taquine : « Ah, mais je ne suis plus votre élève. J’ai donc bien l’intention d’user de mon nouveau statut d’étudiante en Arts Magique pour ne plus avoir à vous donner du professeur, vous ne m’en voudrez pas, n’est-ce pas ? » Notant la lueur amusée dans le regard pétillant de la jeune femme, Silas répondit, du tac-au-tac, alors qu’elle s’installait : « Vous êtes toute pardonnée, Miss Nott. Ce soir, il n’y a nulle impertinence possible entre voisins de table. » Une fois qu’elle eût pris place, elle ajouta : « « Indira m’avait dit que j’aurai un voisin qui… enfin, elle ne m’a pas dit que c’était vous mais c’est une heureuse surprise. » Silas sourit alors en entendant la jeune sorcière. Même s’il ne sut jamais la fin de la confession d’Indira, le ton enjoué de son interlocutrice lui indiqua que ce ne devait pas être trop méchant. Toujours amusé par la situation, Silas répondit : « Ravi que vous trouviez la surprise heureuse ! » Il poursuivit un sourire sur les lèvres : « D’ailleurs, vous auriez de quoi être déçue… Être assise entre un professeur d’astronomie et un sorcier dur de la feuille quand on est une jeune sorcière, c’est peut-être le signe d’une longue soirée à venir ! » Un léger rire s’échappa comme qu’il concluait sa phrase.

Alors que le repas débutait, Silas nota que sa voisine de table avait dardé ses prunelles émeraudes vers lui : « Comment vont donc les étoiles, monsieur Avery ? » L’intéressé sourit à nouveau, amusé du passage de « professeur » à « monsieur », alors qu’il portait un verre de vin à ses lèvres. « Elles se portent à merveille, bien que je les ai abandonnées pour la soirée, préférant à leur clarté les lumières de la ville et des mondanités. » Il marqua une courte pause avant de poursuivre, soutenant les iris taquins de son vis-à-vis d'un regard enjoué : « Et vous, Miss Nott, que devenez-vous ? Votre père m’a tantôt parlé brièvement de votre personne, mais il est resté fort peu disert. Parlez-moi donc un peu de vous. »
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Dernière édition par Silas Avery le Mar 18 Juil - 15:03, édité 3 fois
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Mar 4 Juil - 21:47

Ad Astra Per Aspera
Queenie & Silas

« Dark was for stars and dreams and the magic that took place in between days. »

Ils ne doivent pas être plus d’une vingtaine mais les discussions sont déjà légion à travers la longue table dressée pour l’occasion. La maitresse de maison couve le tout d’un air satisfait et Queenie tend légèrement son cou pour voir de qui est entourée Indira. Elle connaît de nombreux moyens de choyer sa vanité, mais celui de voir que les petites graines semées prennent terre en est encore le plus sûr moyen. Cassian n’est pas placé très loin mais Rome ne s’est pas faite en un jour après tout et elle a bon espoir que les conversations nouent ce que l’espace n’a pas encore fait.

« Vous êtes toute pardonnée, Miss Nott. Ce soir, il n’y a nulle impertinence possible entre voisins de table. » Le sourire illumine sagement le visage de la serpentarde. Elle est au moins assurée de ne pas s’ennuyer et Merlin seul sait que ce n’est pas toujours le cas durant ces longs rendez-vous mondains. Voilà un discours réconfortant - une sucrerie qu’elle lèche sans culpabilité, déterminée à être le centre de l’attention pour toute la nuit à venir. « J'ai pour principe de ne jamais m'inquiéter quand il s'agit de bavardages. Et puis, je crois au contraire que je ne pouvais mieux tomber. Je vais pouvoir vous inonder de questions sur le cosmos. En vérité, si quelqu'un doit s'inquiéter ici, c'est vous. » Elle n’a pas besoin d’être sur ses gardes comme durant le dernier repas des Lestranges il y a quelques jours à peine. Elle n’a pas besoin de faire autant attention à ce qu’elle dit ou ce qu’elle fait, le jugement des Shafiq si bienveillant envers elle. Le temps d’une soirée, elle peut redevenir virevoltante et légère, se parer de rires et de bulles dorées, les mêmes que l’on voit dans chaque verres sur la table. Elle peut sciemment respirer dans sa robe confondue à la couleur de sa chair. Ce soir elle baigne de lumière. Tout s’y prête, même son voisin féru d’étoiles. « Elles se portent à merveille, bien que je les ai abandonnées pour la soirée, préférant à leur clarté les lumières de la ville et des mondanités. » Le son de sa réponse lui est velours. Elle a toujours été partiale envers ce type de comportement sensible et aux contours artistiques. De quoi considérer son interlocuteur sous un œil favorable. « Bientôt vous allez me faire l’affront de me dire que vous préférez la Grande Ourse à ma personne. » Elle plaisante bien sûr et lui sourit, par-dessus le verre qu’on lui offre, se délecte des premières gorgées, l’eau parfumé au jasmin qui éclate sur son palais. Elle voit bien que l’un des seuls moyens de se détendre est de se créer une bulle, de laisser la conversation se faire fourreau feutré, quand bien même cela pourrait aussi entrainer quelques impaires. « Maintenant que vous êtes convenablement installé entre les murs de Poudlard, j’ai bien peur qu’il faudra vous résoudre à revenir parmi des étoiles un peu plus ternes de temps à autre, monsieur Av... » Elle plisse à dessein son regard de jade, comme si elle pesait le pour et le contre, puis, quand bien même tout ceci est calculée, se fend d’un petit sourire chafouin. « Silas. » Reprend-t-elle sans se laisser démonter. « Je peux n’est-ce pas ? Vous pourrez m’appeler Queenie ainsi. C’est un peu plus civilisé. » Les hors d’œuvre apparaissent dans les assiettes, l’odeur de curry et autre épices embaumant l’atmosphère. « Vous avez été trop longtemps absent de nos soirées. » Elle a un petit mouvement des doigts, allégorie du temps passé. Si longtemps, qu’elle était enfant quand toute ces histoires ont eu lieu à vrai dire. Elle se demande ce qui a bien pu lui arriver pour que le silence lointain des étoiles et le mouvement des astres aient ainsi sa préférence. Elle a souvenir de son portrait sur des livres de recherche. La curiosité titille, mais elle ne doute pas un seul instant obtenir des réponses quand le moment viendra.

« Père est discret de nature. » Elle mentirait si elle affirmait que l’idée qu’il ait pu demander de ses nouvelles à son père ne l’enchante pas. Le teint scintille de fausse modestie, ravie des intérêts qui lui sont adressée sans les avoir cherchées dans un premier temps. « Je suis telle que me voyez. Je devrais plutôt vous laissez deviner ce qu'il en est, voir si vos capacités d'observations sont aussi adéquates sur les êtres que sur les astres. » Fait elle, un peu de provocation au bord des cils. Du reste, il lui serait parfaitement impossible de se résumer. Elle n’est pas la même le matin, qu'à l’heure du déjeuner et encore moins qu'aux heures tardives de la nuit. Chez Queenie, l’esprit semble toujours changeant, les humeurs terribles et l’aura chaotique. « J’ai commencé ma première année en Arts Magiques. » Reprend t'elle néanmoins, comme si elle lui cédait finalement. D'ailleurs, en un élan spontané, elle se tourne un peu plus vers lui, ramenant aisément une boucle de cheveux noir derrière son oreille. « Tout est particulièrement passionnant. C’est comme avoir des tartes au potiron devant soi quand, auparavant, on n’avait droit qu’à de la confiture et des toasts. Par exemple, mon dernier devoir résidait sur l’étude d’une antique couronne de confusion. Figurez vous que des rois moldus l’ont portés par inadvertance. Imaginez être soumis au sortilège confundo sans arrêt. Evidemment, ces pauvres moldus ne s’en sont jamais rendu compte et ont tout simplement cru que la folie avait frappée subitement leur souverain. Les français en ont même fait une chanson pour ce pauvre Dagobert. »  Les mots palpitent – et elle se mord les lèvres en constatant qu’elle monopolise la conversation. « Je me laisse emporter à nouveau, n’est-ce pas ? » Elle se pare d’un air désolé et vibre d’attention muette. « Cela doit néanmoins vous sembler bien moins intense que vos études à Drumstang. On dit que vous y avez passé toute votre scolarité. » Elle se penche vers lui, le murmure amusé, comme s’il s’agissait là d’un scandale. « Pourtant vous avez choisi d’enseigner à Poudlard… » Il y a une question souterraine à tout ceci et Silas doit bien s’en rendre compte, n’est-ce pas ? C’est dans le regard émeraude et dans le sourie à peine esquissé. Pourquoi venir ici alors que vous auriez pu enseigner là-bas ?

(c) DΛNDELION


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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Mer 5 Juil - 22:16


Ad Astra Per Aspera
Décembre 2022 @Queenie Nott

Un brouhaha s’échappait de la pièce où les convives étaient installés. Il ne s’agissait pas de ces tumultes vocaux tapageurs que l’on pouvait entendre aux abords des gares, des grandes places ou d’un quelconque lieu de réunion des masses. Non, ici, dans la demeure cossue des Shafiq, le brouhaha semblait s’être mis au diapason de l’atmosphère qui flottait dans l’air. Ce brouhaha était plutôt une harmonie, celle des conversations de gens distingués. Les bribes de conversation se mêlaient les unes aux autres comme pour réchauffer une ambiance déjà chaleureuse grâce aux soins des hôtes du soir. S’il est permis au Narrateur que nous sommes de quitter un instant son rôle de conteur d’histoires pour faire un commentaire, il nous faut souligner la perfection de l’organisation de la soirée. Le décor de la salle de réception s’accordait parfaitement à la table, dressée avec raffinement. Silas, quant à lui, reposait son verre alors que sa voisine de table affirmait s’égayer au milieu des bavardages mondains du soir. L’astronome prit le temps de l’observer attentivement, comme elle parlait. Queenie Nott semblait tout à son aise. La légèreté de son ton, les gestes gracieux de ses mains délicates et ses boucles qui se balançaient au rythme de ses mouvements rappelaient l’élégance du tissu de sa robe et l'éclat de ses prunelles. Elle était, en somme, tout à l’image de la soirée. Sans doute ces traits de caractère apparaissaient-ils plus nettement encore ce soir, hors du contexte de Poudlard. L’établissement, par son ancienneté et ses rituels, pouvait être pesant et, du moins était-ce l’avis de Silas, brimait parfois le naturel des jeunes gens. Un naturel fait de créativité, d’inventivité et d’ingéniosité qui ne s’épanouissait pas toujours entre les murs gris de l’imposant château calédonien.

L’astronome en était là de sa pensée, et de l’observation de son interlocutrice, quand celle-ci lui lança, d’un ton joueur : « Bientôt vous allez me faire l’affront de me dire que vous préférez la Grande Ourse à ma personne ». Silas ne put retenir un léger rire. Cela n’était pas si courant que cela. Notre homme, habitué à la solitude de ses travaux, ne riait pas souvent. Preuve, s’il en fallait une autre, que le charme des Shafiq et la légèreté insouciante de sa voisine de table faisaient des merveilles. « A nouveau, n’ayez nulle crainte répondit-il, un reste du rire qu’il avait laissé s’échapper quelques instants plus tôt toujours dans la voix. La Grande Ourse ne peut, malgré toutes ses qualités, rendre la soirée aussi douce et légère que vous le faites ». Il lui sourit amicalement avant de détourner un instant le regard pour saisir son verre et boire une nouvelle gorgée. Il lui semblait, d’ailleurs, que leurs coupes n’étaient pas remplies du même breuvage. Silas ne put déterminer ce que contenait celle de la jeune sorcière. La sienne, en revanche, était emplie d’un vin absolument ravissant. Ce n’était pas à Durmstrang que l’astronome avait aiguisé son palais en la matière, mais au cours de ses nombreux voyages. Quant au vin qu’il goûtait présentement, il était d'une couleur rubis profonde avec des reflets violets. Au nez, il offrait un bouquet aromatique complexe et séduisant. Les arômes de fruits rouges mûrs, tels que les cerises, les mûres et les framboises, dominaient, apportant une sensation de douceur et de fraîcheur. En bouche, le breuvage présentait une texture veloutée et des tanins bien intégrés. Il était équilibré entre acidité et douceur, offrant une sensation agréable et harmonieuse. Les saveurs fruitées du nez se développent davantage en bouche, avec des notes de confiture de cerises et de baies qui se mêlent à des nuances subtiles d'épices douces, comme la cannelle et la vanille. La finale était élégante et légèrement sucrée, sans être trop lourde. Autant dire qu’il s’agissait d’une petite merveille. Les Shafiq, définitivement, étaient passés maître dans l’art des réceptions. Les premiers mets, aux effluves de curry, ravissaient les invités.

« Maintenant que vous êtes convenablement installé entre les murs de Poudlard, j’ai bien peur qu’il faudra vous résoudre à revenir parmi des étoiles un peu plus ternes de temps à autre, monsieur Av... ». Elle ne termina pas phrase, marquant une pause en plissant ses iris avant de poursuivre, visiblement badine : « Silas ». L’intéressé esquissa un sourire. A n’en pas douter, la jeune sorcière maniait à merveille la rupture et les changements de ton. Il en vint à penser que, malgré son jeune âge, elle semblait dotée d’une assurance absolument remarquable.  « Nous ne sommes pas plus à Poudlard, alors va pour Silas. Notez que ce n’est pas des habitudes… Queenie ». Son regard se colora, à son tour, de la lueur taquine qui brillait dans les prunelles de la sorcière. « J’ai bien l’impression que, ce soir, je ne peux rien vous refuser, chère Queenie ». Son sourire s’élargit quelque peu. « Après tout, vous faites la conversation à un vieux professeur d’astronomie qui, à l’inverse de Platon, ne sort que rarement de sa caverne. Vous méritez bien cela ». La magicienne mentionna alors la longue absence de Silas. Instinctivement, celui-ci suivit du regard le mouvement de sa main. Un très léger voile, presqu’imperceptible pour un œil non-averti, masqua quelques instants le regard de notre homme. En effet, il avait été longtemps absent. Pour tous ceux de sa génération, les années d’adolescence furent marquées par la guerre, la trahison et, plus que toute autre émotion, par la peur. Les récits ne manqueraient pas de souligner le courage des héros d’alors, de ceux qui se dressèrent contre le Seigneur Noir pour défendre leurs idéaux. Silas se rappelait fort bien cette période et la peur qui régnait en maître. De cela, plus personne ne parlait aujourd’hui. Mais, en réalité, des côtes rocheuses d’Ecosse aux plaines glacées d’Europe de l’Est en passant par les sommets de Scandinaves, tous les sorciers du Vieux Continent étaient alors effrayés. La peur, comme une peste d’antan, se répandait à vive allure, contaminant jusqu’aux cœurs les plus endurcis. Si l’héritier de la famille Avery devait utiliser un mot pour décrire cette période, c’était celui-ci, la peur. Fort heureusement, tout ceci appartenait au passé. Il préférait – et qui pourrait penser autrement ? – être témoin de la joie communicative de sa voisine de table que de lire à nouveau, sur des visages crispés par la crainte, l’angoisse du lendemain.

Silas avait quitté l’Angleterre lors de ses onze ans. Son père avait obtenu qu’il allât étudier à Durmstrang. Il ne revenait en Albion que lors des vacances d’hiver et d’été. Les études terminées, Silas avait préféré voyager et parcourir le vaste monde. La perspective de revenir chez lui et de reprendre l’entreprise familiale ou d’occuper un poste au Ministère ne l’enthousiasmait guère. Après un silence qu’il aurait souhaité moins long, il répondit : « Ce fut, en effet, une longue période. Disons que, si j’ai toujours gardé la Grande-Bretagne au cœur, j’ai longtemps retardé mon retour ici. A la fin de mes études, les années noires venaient à peine de s’achever. Le nom d’Avery était alors dur à porter ». Silas n’en dit, pour l’heure, pas plus. Il se doutait bien que Queenie comprenait de quoi il s’agissait. Au sein des Sang-Pur, nombreux étaient ceux qui comptaient un aïeul qui s’était compromis au service des ténèbres. Le chef de la famille Avery était d'ailleurs encore son oncle, Tobias Avery Jr., alias Avery II, bien qu’il fût toujours enfermé à Azkaban. Silas n’était que l’héritier de la lignée.

La jeune sorcière souligna alors la discrétion de son père, non sans lui avoir lancé un petit défi, le regard brillant d’une étincelle mutine. Silas se tourna alors de trois-quarts, quitte à brièvement tourner le dos à son autre voisin de table, de façon à mirer plus attentivement la jeune sorcière. Il accentua les traits de son visage, volontairement comique, de manière à montrer qu’il se concentrait pour tenter de cerner son interlocutrice. « Hum… je crois que les astres, sous la voute céruléenne, sont hélas bien plus aisément déchiffrables que vous ». Il sourit, et reprit : « Mais je me risquerai à une supposition. Je crois que vous goûtez à la vie qui s’offre à vous depuis votre départ de Poudlard. Vous semblez tout à fait à votre aise ici, ce soir. Comme si cette soirée était finalement l’écrin vous permettant de briller de mille feux. » Courte pause, avant de poursuivre, à la fois amical et amusé : « En somme, vous êtes peut-être bien notre étoile du soir, celle vers qui les regards se tournent pour capter un peu de sa lumière ». Un second rire, clair et bref, - le second de la soirée, chose rare – s’échappa du magicien avant que Queenie ne s’étendit sur ses études. Les lèvres de l’astronome s’étirèrent dans un sourire franchement amusé lorsqu’elle mentionna la couronne de confusion. Plus la conversation avançait, plus il semblait à Silas que la jeune femme, outre ses nombreuses qualités humaines, était dotée d’une certaine curiosité. Curiosité intellectuelle et savante, bien sûr, - en attestait l’histoire de la couronne de confusion – mais aussi personnelle. L’astronome hésita intérieurement un instant. Il ne se livrait d’ordinaire pas beaucoup. La soirée était cependant agréable et sa voisine de table toute disposée à en apprendre plus. Alors, pourquoi ne pas se risquer à quelques brèves confessions. « En effet, j’ai étudié à Durmstrang. C’était-là la volonté de mon père. Durmstrang n’est pas si différent que cela de Poudlard. Sans doute est-ce moins chaleureux et plus martial ». Il sourit, amusé en repensant aux cours de duel et à l’émulation – euphémisme pour ne pas dire sens de la compétition – que les enseignants se plaisaient à instiller parmi les élèves. « Est-ce un choix si surprenant ? » Il sourit. « Pour être honnête, j’ai gardé des amis très chers, là-bas, dans les contrées glaciales du Nord et de l’Est. Mais mon foyer était ici, voyez-vous. A la mort de mes parents, j’ai préféré rester ici. L’opportunité d’aller à Poudlard s’est présentée. Je l’ai saisie ». Silas savait fort bien que la nouvelle de son retour avait brièvement fait parler. Il était un héritier d’une famille de Sang-Pur dans un monde somme toute assez restreint et où les unions arrangées, afin de préserver cette soi-disant pureté, étaient monnaie courante. Alors qu’il parlait, il avait quitté le regard de sa voisine pour se perdre brièvement parmi les visages des autres convives. Le magicien sentit alors les iris de la jeune femme posés sur lui, comme si elle attendait d’en savoir plus. Silas inclina légèrement la tête vers elle, un demi-sourire sur les lèvres. « Pour être tout à fait honnête, je n’avais guère envie de retourner à Durmstrang. Il y avait… » Légère hésitation, involontaire cette fois-ci. « Non, il y a là-bas une personne, une femme, dont je fus autrefois proche. Le fiancé, pour être honnête. Nous ne le sommes plus aujourd’hui. Ceci a sans doute joué dans ma décision ». Il sourit à nouveau, sincèrement, comme pour signifier à la jeune sorcière que remuer le passé ne lui était pas douloureux. Ses fiançailles brisées avec cette sorcière norvégienne, du nom de Nea, n’étaient plus une blessure depuis longtemps. Simplement un regret, car l’échec de ces noces annoncées, qui jamais ne se concrétisèrent, lui incombait en grande partie. « Mais il vaut mieux regarder vers l’avenir que vers le passé, n’est-ce pas ? A ce propos, je vous adresse mes plus sincères félicitations pour vos propres fiançailles avec M. Lestrange. Votre père m’en a parlé avant que nous passions à table ». Il leva son verre en direction de la jeune femme. « Soyez certaine que mes vœux de bonheur vous accompagnent, Queenie ».
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Dernière édition par Silas Avery le Jeu 13 Juil - 12:01, édité 2 fois
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Sam 8 Juil - 19:07

Ad Astra Per Aspera
Queenie & Silas

« Dark was for stars and dreams and the magic that took place in between days. »

Elle sait déjà qu’on va l’envier, qu’on viendra la voir un peu plus tard, au détour d’un jeu de cartes enchantées ou devant un artefact ancien et qu’on lui demandera sous couvert de simple mondanité « Oh, et votre voisin de table ? Il est charmant, n’est-ce pas ? » Lorsque les repas terminent, les gestations débutent et elles ont souvent la couleur ondoyante des lacs sous les soleils d’étés. Il y a, à tout ceci, quelque chose d’infiniment agréable. Queenie se nimbe d’une bulle pleine de curiosité. La chose est entendue mais force est de constater qu’elle n’aura guère à broder et que l’astronome sait parer ses sourires des constellations qu’il observe tout le long de ses nuits fécondes en enseignements.

Elle goûte avec un plaisir non dissimulé le compliment qu’il lui offre. C’est une gourmandise, un caramel précieux qui ne colle même pas aux dents par trop de mièvrerie. Les parfums des vins scintillent dans l’atmosphère et elle le voit darder un regard sur son verre au parme gracile. La confidence est de mise. Elle se penche légèrement, l’aveu en chuchotement exagéré à dessein, comme s’il s’agissait là d’un grand secret. « De l’eau parfumé au jasmin. C'est divin. Votre verre a l’air tout autant délicieux mais je crains qu’il n’ait trop d’impact sur moi. » L’ivresse est agréable uniquement si elle est légère et du reste, Queenie n’est guère friande de la sensation de migraine au lendemain de ce genre de soirée. « J’ai bien l’impression que, ce soir, je ne peux rien vous refuser, chère Queenie » Un instant, elle cherche à savoir si cela est vrai puis le sourire se fait douceur et elle abaisse son regard sur la nappe aux colorations discrètes et aux teintes lumineuses pour mieux apprécier la politesse surannée de son ancien professeur d’astronomie. « N’est-ce pas le propre des étoiles que d’inviter aux rêves d’impossible ? » Elle apprécie, s’y montre sensible à la façon dont il l’aborde, sans la traiter en enfant ou en glissant une condescendance trop marquée. Silas drape ses mots de délicatesses heureuses. On ne saurait mal penser ou mal se comporter devant tant d’affables paroles et gestes. Il se tourne vers elle et elle laisse échapper un rire de surprise.  Elle ? Indéchiffrable ? Il vaut mieux dans cet univers a-t-elle envie de lui dire. Les velours cachent des précipices, les sourires ne sont parfois que l’ombre des poignards. Tout ce qui brille est parfois d'or et de terreurs tout à la fois.

Elle l’écoute, un peu de nacre sur les joues. Plus martial semble en effet adéquat comme terme. Elle en a toujours apprécié l’uniforme, le col rigide et les capes à la hongroise. Elle s’imagine sans peine l’élève qu’a pu être Silas à cette époque. Elle ne saurait dire si c’est le choix est surprenant mais il reste compréhensible. Elle deviendrait enseignante, elle n’est pas certaine de vouloir arpenter à nouveau les même couloirs que dans son adolescence. Même aujourd’hui, alors qu’elle n’est qu’en première année d’université, être obligé de fouler les pavés déjà connus l’ennuie un peu, comme une rupture qui n’a pas été totalement consommée. « Je suppose que cela a du sens quand on y réfléchit. C’est difficile d’aller de l’avant lorsque tout est trop familier. » L’ivoire racle la pulpe des lèvres un instant.  Elle ne pensait pas vraiment au fait qu’il puisse l’ignorer durant ce repas mais un soulagement indistinct coule dans sa poitrine en voyant combien il se montre plaisant. Les manières flottent, sages et invisibles, à la manière de ces planètes sombres à peine cachées par le temps et l’espace. « Je suis heureuse de vous savoir de nouveau parmi nous. Il faudra sortir souvent maintenant. » Un pli ourle la commissure des lèvres de la jeune femme. Elle sait combien le poids de la noblesse à la pureté quasi infaillible peut être éreintante – elle sait mais ne s’en rend pas réellement compte. Ses parents ont toujours imposé un goût de normalité au poids de ses obligations. L’élégance réside dans l’acceptation de son sort, dans la recherche d’une voie adéquate. On s’y soumet dans l’anticipation d’une chose terriblement implacable, que l'on ne peut discuter. Aussi est-elle presque surprise en entendant l’hésitation dans sa voix. Il y tenait donc à sa fiancée ? Elle bat des cils lentement sous la confession, un froissement de curiosité tenace au fond des iris verts, un autre de délice sous la douceur du récit. Les doigts viennent jouer autour d’une mèche ébène qu’elle finit par ranger derrière son oreille. Elle anticipe ce qu’il pourrait penser d’elle si elle se montre trop honnête en demandant ce qu’il en est exactement. Un soupir lui échappe, revenu des abysses de ses bronches, au diapason de son ignorance sur le sujet. Elle ne sait pas comment il va réagir. Les fiançailles avortées sont de terribles sujets après tout et lui-même l’a dit n’est-ce pas ? Que cela avait favorisé ses choix, qu’il avait saisi l’opportunité de venir enseigner à Poudlard quelque part aussi à cause de tout cela.
Elle laisse courir sa peau de pêche sous les rayons des candélabres qui filtre au-dessus de la longue table des Shafiq. Un peu de couleur en reflets scintillants. « Prof… Silas, il ne faut pas m’en vouloir mais je suis si curieuse. Comment se fait-il que vous ne soyez plus fiancé ? Tous les astrolabes du monde ne m’aurait pas empêché de vous épouser alors il faut que cela soit grave pour annuler un tel lien. Et j’ai une imagination débordante, j’en ai bien peur. » Les dents se découvrent en petites perles,  elle a l’audace de sembler désolée. Mais vraiment, il vaut mieux lui raconter plutôt que de la laisser divaguer aux éventuelles horreurs qui ont pu donner lieu à une rupture. Elle penche son visage, l’évidence tranquille, comme un hameçon dans sa bouche, l’assurance de ne pas être trop insolente malgré tout.

Elle trouve une patience effervescente dans l’éclat précieux dont il la recouvre. Elle a un petit mouvement charmé aux félicitations qu’elle lui adresse. La charade mise en place à ses avantages. « Il faudra venir à notre mariage. En février. » Un sentiment de panique l’envahit à nouveau qu’elle noie sous une petite gorgée d’eau savoureuse. « Les Avery ont dû recevoir leurs invitations mais je suppose que vous étiez bien trop occupé pour vous en apercevoir. » Elle le taquine avant de se décider à prendre son verre pour trinquer discrètement. « Merci. C’est très romantique voyez vous. Il est le frère jumeau de ma meilleure amie alors je suppose que tout est pour le mieux dans le meilleure des mondes. »Elle caresse distraitement la dentelle de sa serviette. « Cela change si peu de choses, ou beaucoup c'est selon les points de vue. J’apprends à m’habituer à tout ça.» Le verre est reposé, non sans en avoir bu une gorgée. « Mais revenons à votre histoire. Je sens bien qu’il y a des mystères. » Le nez se fronce de curiosité malicieuse. Il est bel homme, parle avec du satin dans sa voix, est astronome de renom, sang pur, famille compliqué mais qui n’en a pas une dans leurs cercles après tout… et pourtant… « Elle était jalouse des étoiles ? Vous passiez plus de temps avec votre télescope magique qu’avec elle ? Il aurait suffi de s’habiller d'or ou d'argent. Avec des planètes en satellites. Je crois que j’ai vu une robe de ce genre au dernier défilé sorcier. » Elle fait mine d'en plaisanter mais se doute bien que les raisons sont moins légères que ce qu'elle avance en cet instant.

(c) DΛNDELION




Dernière édition par Queenie Nott le Dim 9 Juil - 12:59, édité 1 fois
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Dim 9 Juil - 11:23


Ad Astra Per Aspera
Décembre 2022 @Queenie Nott

La soirée s’étirait au fur et à mesure que les conversations se mêlaient et se prolongeaient. Le temps semblait se distendre comme les murmures et les éclats de rire emplissaient l’air. À cela s’ajoutaient les senteurs issues des plats qui s’étalaient sur les tables des convives. La réception des Shafiq se poursuivait à l’image de la manière dont elle avait démarré, entre luxe, délicatesse et raffinement. Mais reportons un instant notre regard sur le duo qui s’était formé, au détour du hasard d’un plan de table organisé, d’ailleurs, d’une main de maître. Le duo était toujours plongé dans une plaisante discussion. Allusions, compliments et curiosité s’entremêlaient pour leur plus grand bonheur. Les deux convives n’avaient pourtant pas que des points communs. L’une était une femme, l’un était un homme ; l’une était une jeune sorcière, ravissante dans sa robe légère ; l’autre était plus âgé, d’apparence plus rigide dans un très classique costume noir ; l’une était une étudiante ; l’autre était un professeur. Cependant, les ressemblances n’étaient pas nulles, loin de là. Outre le plaisir qu’ils prenaient à converser, les deux invités semblaient partager un goût pour la connaissance, une certaine curiosité ainsi que des origines sociales où les similitudes abondaient.

L’une des deux voix de ce duo – la plus claire, celle de la sorcière – commenta le contenu de leur verre : « De l’eau parfumé au jasmin. C'est divin. Votre verre a l’air tout autant délicieux mais je crains qu’il n’ait trop d’impact sur moi ». Silas avait alors esquissé un sourire. Sa voisine de table semblait faire montre d’une grande modération. C’était sans doute pour le mieux. La soirée n’était guère propice à la beuverie et, dans le monde magique comme ailleurs, les bacchanales ne menaient souvent à rien. L’astronome se prit à souhaiter goûter le breuvage. De l’eau parfumée au jasmin ? Il ne se rappelait pas en avoir déjà bu. En tout cas, pas au cours de ses voyages. Ces derniers ne l’avaient pas conduit en Asie ni en Inde. Il nourrissait toujours le regret de ne pas s’y être rendu. Un tel regret n’avait rien de définitif. Silas réfléchissait déjà à son prochain projet de voyage de recherches, lorsque les congés scolaires auront sonné, bien sûr. Quand l’un des domestiques des Shafiq s’approcheraient, il demanderait un verre de cette eau parfumée.

« N’est-ce pas le propre des étoiles que d’inviter aux rêves d’impossible ? » Le sorcier secoua la tête, visiblement amusé par la réponse. La magicienne possédait un réel sens de la répartie, vif et incisif. Quiconque voudrait défier la jeune femme sur ce terrain-là aurait sans nul doute fort à faire. Ses mots étaient tout à la fois doux, drôles et plein d’esprit. Silas imaginait sans peine qu’ils pouvaient tout à fait être aussi aiguisés qu’une lame. Au fil de la conversation, il lui semblait découvrir un peu plus son ancienne élève. Le cadre invitait bien sûr à l’échange et à la discussion, bien plus que celui, corseté, de Poudlard. L’astronome hocha la tête lorsqu’elle souligna qu’il était difficile de revenir, avec de nouvelles responsabilités, dans un espace où tout est familier. La jeune femme avait raison. Familier, tout l’était à Durmstrang car, si Silas n’y avait pas autant brillé que feu son père, ancien joueur de l’équipe de Quidditch - activité qui a occupé une place importante dans la vie de son fils, nous y reviendrons dans un instant -, il avait néanmoins noué des relations amicales fortes entre les murs austères de ce château perdu dans les montagnes. Élève brillant, il avait su s’attirer la sympathie de ses camarades et de ses enseignants, bien que les événements qui secouaient alors le monde magique britannique aient quelque peu obscurci ses années d’études, comme de gros nuages noirs s’amoncelant avant un orage d’été. « Je suis heureuse de vous savoir de nouveau parmi nous. Il faudra sortir souvent maintenant ». « Je m’y engage ! » répondit-il du tac-au-tac. « Ceci étant dit, je crains que vous ne soyez pas là à chaque fois pour égayer la soirée, chère étoile de la soirée ». Il lui sourit, amusé et enjoué par cette conversation. La sorcière poursuivit ensuite à propos des fiançailles ratées. Le sujet l’intéressait beaucoup. Derrière un compliment savamment distillé, perçait un véritable intérêt pour la question. Était-ce une marque de la bonne société magique ? Il est vrai que Silas, sans être encore vieux, n’est plus un jeune premier. Tôt ou tard, et plutôt tôt que tard, d’ailleurs, la question de son mariage allait se poser. Ne serait-ce que pour préserver la lignée des Avery. Les familles de Sang-Pur sont peu nombreuses. Aussi, les mariages et, a contrario, les célibats prolongés sont des enjeux importants. L’intérêt de la jeune femme pour cette histoire de fiançailles ne contrariait néanmoins pas notre astronome. Après tout, c’est lui qui, le premier, avait mis le sujet sur la table. En outre, quelques instants auparavant, il avait voulu marquer, par un sourire, que la question ne le peinait nullement. Du moins en apparence car, même s’il refusait à l’admettre, Silas gardait toujours un regret au fond de lui. Celui d’un futur possible non advenu. Mais sans doute ce futur semblait-il parfois plus brillant car, justement, il ne s’était pas réalisé. « Vous êtes très douée pour obtenir des réponses, chère Queenie ». L’homme esquissa un sourire amusé avant de poursuivre : « Mais je ne suis pas d’humeur à refuser un compliment, surtout lorsqu’il provient de notre étoile du soir ». Le sourire s’agrandit comme Silas, de senestre, portait le verre de vin à ses lèvres. La nouvelle gorgée était tout aussi ravissante que la première.

La discussion dévia alors vers les noces, à venir, de la jeune femme. Le mariage s’annonçait somptueux, tant les familles étaient prestigieuses. Silas nota qu’après avoir trinqué, Queenie caressa discrètement la serviette qui était devant elle. C’était la première fois de la soirée qu’elle le faisait, du moins du point de vue de l’astronome. Il s’interrogea intérieurement un instant : était-ce un signe d’angoisse ? C’eut été normal. Silas avait beaucoup de respect pour ces jeunes sorciers à qui l’avenir avait été tout tracé. Il fallait un grand courage et un grand sens des responsabilités pour l’accepter, surtout à un tel âge. Vraiment, la jeune sorcière assise à côté de lui avait tout de remarquable. « Je ne crois pas avoir reçu d’invitation, pour être honnête. Ceci dit, il y a déjà quelques temps de cela que je ne me suis plus rendu à la volière, à Poudlard ». Il marqua une pause puis continua : « Je vous remercie pour votre invitation. Je tâcherai d’être présent ». Nouvelle pause. Il ne voulait pas se montrer trop insistant. Après tout, une jeune femme, qui allait bientôt se marier, avait bien le droit de garder quelques secrets, surtout face à un ancien enseignant. Silas préféra donc une parole chaleureuse, comme pour exorciser cette impression d’angoisse qu’il avait cru percevoir. « Les jeunes sorcières de Sang-Pur, telles que vous, m’impressionnent grandement. Vous embrassez votre futur avec une apparente – il insista délicatement sur ce mot – confiance tout à fait remarquable. Néanmoins, ne soyez pas trop dure avec vous-même si d’aventure, vous veniez un jour à nourrir quelque angoisse face à futur. Douter est normal, et même plutôt sain si vous voulez mon avis ». Il esquissa un geste de la main, signifiant qu’il ne se montrerait pas plus insistant. Dans son sourire et son regard doux, il exprima que, si un jour elle le souhaitait, elle trouverait une oreille attentive et amicale en sa personne.

Queenie ne manqua pas de revenir sur le sujet des fiançailles de notre homme. La plaisanterie, bien amenée, tira un rire de l’astronome. Il était vrai qu’un emploi prenant et des recherches menées tambour battant auraient pu expliquer la fin de leur relation. Cependant, et la sorcière l’avait bien noté, ce n’était pas le cas. « Figurez-vous, répondit Silas, que vous n’êtes pas si loin que cela de la vérité en mentionnant une robe d’or et argent ornée des astres ». Il marqua une pause, quittant des yeux la sorcière. Où devait-il commencer son récit ? D’aucuns, de nature curieuse, répondraient : « du début bien sûr ! ». Cela risquait de faire long et Silas craignait de lasser son interlocutrice. « C’est une histoire un brin longue et quelque peu triste. J’ignore si elle est adaptée à cette soirée de douceurs et de convivialité. Qui plus est, j’espère ne pas vous ennuyer avec cette vieille antienne ». Silas avait utilisé le terme « antienne », mais il était en réalité fort mal choisi, tant il avait peu narré les raisons de l’échec de ses fiançailles.

Les prunelles émeraude de la jeune sorcière étaient fixées sur lui. Elles ne semblaient pas trahir un signe d’ennui, plutôt l’envie d’en savoir plus. Il reposa les yeux sur la jeune femme : « Soit. Va pour cette histoire ». Il but une gorgée, la dernière car son verre était désormais vide. « Ma fiancée s’appelait…pardon, s’appelle Néa. Elle est née près de Trondheim, en Norvège. La ville, située à l’embouchure de la Nidelva, s’ouvre sur le fjord du même nom que la cité. C’est un endroit très beau ». Il sourit, autant parce qu’il se rendait compte que le commentaire sur l’esthétique du lieu n’était pas très utile que parce que l’évocation de la beauté des paysages norvégiens lui rappelait d’heureux souvenirs. « C’est donc tout naturellement qu’elle fut envoyée à Durmstrang, elle aussi. Nous nous sommes rencontrés au cours de la première année mais n’avons vraiment connaissance que plus tard, lors de la cinquième année ». Le reste n’avait pas réellement besoin d’être détaillé. « À la fin de nos études, nous nous sommes fiancés, comme c’est l’usage, y compris hors du Royaume-Uni. J’étais déjà passionné par l’astronomie, au point de souhaiter en faire mon métier. Néa, quant à elle, excellait en alchimie et plus encore au Quidditch ». Le souvenir des matches de Quidditch à Durmstang se rappela à lui. « C’est là que notre relation se noua. Le soir, je me rendais sur le terrain d’entraînement pour observer le ciel. C’était un lieu tranquille, plutôt isolé lorsque l’agitation sportive avait disparu, parfait, en somme, pour un astronome amateur tel que moi. Or, Néa était là, elle aussi. Elle ne cherchait pas à observer le ciel mais à s’entraîner. Elle répétait souvent que si elle parvenait à réaliser les acrobaties et autres techniques de vol de nuit, elle serait imbattable le jour venu. Lors de notre première véritable rencontre, sous la voute céruléenne, Néa tentait de perfectionner la technique appelée Tremblante de Woollongong ». C’était une sorte de trajectoire savamment confuse pour leurrer l’adversaire. « Néa avait décidé de faire du Quidditch son métier. Elle joua un temps pour une équipe norvégienne, les Cerfs-volants de Karasjok, puis pour la sélection nationale scandinave ». Aussi étrange que cela paraisse, la Scandinavie, au Quidditch, jouait sous une seule bannière où se mêlaient des sorciers norvégiens, danois, islandais et suédois. « De fait, nous nous absentions souvent, elle pour ses tournées et moi pour mes voyages ».

Silas avait tout à l’heure confié que la mention d’une robe rappelant les étoiles, par Queenie, n’était pas si loin de la vérité. En effet, Néa s’amusait souvent à comparer la passion de Silas pour l’astronomie à une rivale, sachant très bien qu’il n’en était rien. Par jeu, et par amour, elle qui était une alchimiste douée, elle lui concocta un parfum. Elle l’appela Éclat de Sirius, du nom de la plus célèbre étoile. Néa avait tenté de capturer, dans une bouteille, l’odeur de la nuit étoilée. Le mélange, captivant, était composé de notes d’abord fruitées, puis florales et enfin boisées. Les premières notes qui se révélaient au nez était un comme un assortiment éclatant de fruits tels que la pêche blanche et la mandarine qui apportait une touche de fraîcheur. C’était la douceur rafraîchissante des nuits d’étés après une journée ensoleillée. Au cœur du parfum, des notes de fleurs luxuriantes prenaient vie. Des pétales de jasmin exotique et de rose veloutée se mêlaient à la douceur des agrumes, créant une aura florale envoûtante. C’était la clarté de la lune et des étoiles qui illuminaient le regard ceux qui se perdent dans leur contemplation. Des notes de fond, chaleureuses et boisées, venaient compléter l’accord. L’ébène et le bois de santal créaient une base résineuse, tandis que la vanille et l’ambre apportaient profondeur et douceur. C’était la brise chaude qui passe sur les hautes herbes et enveloppe les corps allongés à mirer les astres. Silas avait d'ailleurs gardé cette flagrance. Mais le point tragique du récit approchait.

« Nous avions choisi de nous installer en Norvège, tout au nord du pays, là où son équipe locale se trouvait. C’était le plus simple pour elle. Quant à moi, la Norvège m’offrait des possibilités extraordinaires pour observer les phénomènes célestes, quand j’étais présent. En effet, je m’absentais souvent, me rendant ici et là pour mes recherches ». Il fit une pause, soupira et continua : « Un jour vint où j’étais loin, en Afrique, à Uagadou. Il était prévu que je ne fasse qu’un bref séjour là-bas et que je rentre rapidement en Europe. Or, je décidai brusquement de prolonger mon séjour. Je partis pour les abords du lac Victoria sans prévenir personne car, disait-on, les nuits étoilées y étaient sublimes. Je fus donc injoignable durant près de deux semaines. Au même moment, lors d’un entraînement avec son équipe, Néa chuta de son balai et se blessa gravement. Elle resta inconsciente plusieurs jours. À son réveil, elle fit envoyer de multiples lettres afin de m’avertir, sans réponse ». Courte pause. « Mais ce n’est pas tout. Ce qu’elle et moi ignorions, c’est qu’au moment de son accident, Néa était enceinte. De quelques semaines seulement, mais enceinte néanmoins. Ce furent les médicomages qui le lui apprirent, à son réveil. D’où son empressement à me retrouver. La réalité, chère Queenie, c’est qu’elle est restée seule à faire le deuil de cet enfant inconnu et proche à la fois, encore convalescente de cette blessure qui marqua la fin de sa carrière. Ce n’est qu’à mon retour à Uadagou que j’ai appris la nouvelle. Les lettres avaient été envoyées là-bas. Je me suis rué vers un portoloin pour retourner en Norvège. C’était trop tard. Le mal était fait ». Il marqua une nouvelle pause. L’histoire commençait à durer. Il lui fallait la terminer. « La vérité est que Néa ne m’a jamais pardonné cette absence. J’ai essayé, bien sûr, de rattraper mon erreur. J’ai un temps arrêté mes voyages pour me consacrer à sa convalescence. Rien ne fut comme avant. Tout a commencé à s’effilocher. Entre nous, les silences, pesants, étaient lourds d’accusation. Les aurores ont succédé aux crépuscules dans cette ambiance terne et sans joie ; elles ont ainsi glissé à petits pas, d’un jour à l’autre, jusqu’à la dernière syllabe du registre de notre histoire. C’est ainsi que nous sommes quittés, sans cri ni rage, et que nos fiançailles ont été rompues ». Dernière pause dans le récit. « Néa a quitté la Norvège. Elle est devenu professeur de vol et de Quidditch à Durmstrang. Vous comprenez qu’il m’était difficile d’y retourner. J’ai poursuivi mes voyages pendant quelques temps. Puis, la disparition de mes parents m’a poussé à revenir en Angleterre et à m’y installer, définitivement ».

Silas ignorait combien de temps s’était écoulé, combien avait duré sa narration. Il avait essayé d’être factuel, de ne rien occulter du hasard de ce drame ni de ses responsabilités. Ces dernières, d'ailleurs, ne s'étaient pas évaporées. Elles pesaient encore sur son esprit. Les remords, semblables aux Érinyes, vous poursuivent continuellement, même lorsque vous les acceptez. Il se surpris même à se sentir un peu soulagé de ce récit, tant il était rare qu’il le conte. Le brouhaha qui l’entourait le ramena dans le présent. « Tout ceci appartient au passé ; c’était il y a près d’une dizaine d’années. N’ayez crainte, j’ai fini par l’accepter et regarde vers l’avenir désormais ». L’astronome souhaitait dissiper tout malentendu. Il avait sciemment accepté de parler de son passé. Queenie n’avait pas à se sentir coupable de quoi que ce soit. Il posa ses prunelles dans celles de la jeune femme et lui adressa un sourire amical. « J’espère que cette histoire n’était pas trop longue à endurer pour vous. Elle n’était guère heureuse, j’en suis navré. Je souhaite qu’elle ne mine pas la gaieté qui, depuis le début de cette soirée, empourpre vos joues et votre regard ».
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Dernière édition par Silas Avery le Jeu 13 Juil - 12:03, édité 1 fois
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Lun 10 Juil - 16:50

Ad Astra Per Aspera
Queenie & Silas

« Dark was for stars and dreams and the magic that took place in between days. »

La parenthèse est enchantée, la bulle cotonneuse. Elle s'y love dans un soupir bienheureux loin du fracas qui l'habite depuis plusieurs mois maintenant. Elle aime les guerres et les combats, les artifices et les effrois – ne s'en cache pas nécessairement, l'âme incandescente sous les échanges dangereux mais tout est allé si vite ces derniers temps, et tout s'est construit et s'est effondré avec tant de vélocité, que s'arrêter durant quelques heures et se fondre dans une conversation aux mirages scintillants a quelque chose d'infiniment doux et soyeux. Elle n'en a guère l'habitude, s'y perd un peu, les émeraudes prenant une teinte agréable sous l'aura avenante de l'astronome. Même ses mots se font moins escarpés qu'à l'ordinaire, elle en a pleinement conscience. « Ceci étant dit, je crains que vous ne soyez pas là à chaque fois pour égayer la soirée, chère étoile de la soirée » Les flots ont la couleur des crépuscules indolents. La vie lui échappe un peu trop dramatiquement depuis quelques temps, enchaînements de frustrations et de souvenirs harcelants, de doutes répétés, de douleurs prolongées qui glissent comme eau entre ses mains. Elle pourrait y mettre un terme. Elle devrait d'ailleurs, il suffirait de le décider mais ça vacille dangereusement et il suffirait d’un rien pour que les appréhensions reviennent se glisser dans son esprit un peu plus fort encore, que ça siffle de la pire voix l’obligation de tout engloutir en renversant les échiquiers une fois pour toute. « Je viendrai vous la remettre en main propre alors, si vous le voulez bien. » L'occasion est saisie au vol sans autre forme de procès. Elle acquiesce à son remerciement et se surprend à rire d'un ton léger. « Vous ne vérifiez donc pas fréquemment votre courrier ? Moi qui aime tant écrire des lettres.» Elle a un petit mouvement de tête, comme pour le gronder, le sourire savoureux qui s'estompe en quelques secondes dans une inspiration sinueuse. La remarque suivante fait mouche. Queenie cille, reprend bonne figure en un battement de cils et un sourire adéquat. « Je ne suis pas très douée pour les doutes.» Les torpeurs se font marasme si vite. On s'y englue aussi surement que dans des marécages. « Les étoiles suivent leurs mouvements, on a juste le vertige en les regardant tracer leurs courses. » Ajoute-t-elle, l'allégorie silencieuse. C'est ainsi que l'univers se maintient n'est-ce pas ? Il le sait mieux que quiconque. La gravité garde ses trajectoires quelque soit les implosions au sein de ses galaxies.

Les doigts se resserrent un peu plus étroitement sur eux-même, les phalanges blanchissent de troubles intériorisés. Elle pourrait se montrer plus redevable devant sa courtoisie qu'elle sent d'ailleurs parfaitement sincère. Elle ne se souvient pas s'être sentie autant en quasi confiance avec quelqu'un depuis longtemps, surement la bienveillance dont il la nappe sans prendre garde ou la voix qui se module dans des tons suaves. Il y met tant de grâce qu'elle ne sent ni la condescendance ni même une quelconque pitié qui l'aurait immanquablement heurté. Elle a un sourire prudent tout à coup, précisément parce qu'elle se sent glisser dans les méandres des confessions. Il la sauve pourtant, oriente de façon raffiné son récit sur lui-même. Le silence qui les unit pendant une seconde n’en est pas un. Il a la profondeur du souffle qui précède la pluie, l’éloquence alarmante d’un début d’orage, tout en charriant avec lui la lumière rassurante dont est faite toute secrète communion. C’est dans le regard de Silas, assurément, que tout se joue, ce regard qu’il prend le temps de poser sur elle comme s’il n’existait pas d’autre urgence, en tout cas aucune qui ne puisse être subordonnée à sa contemplation. Malgré les mises en gardes, la brune se penche un instant, le chuchotement redoutable. « Ne craignez rien, et puis, si je pleure sur mon potage, ça ne fera qu'en rehausser encore un peu plus sa saveur. » Le nez se fronce de vilenie charmante. En vérité, il est à tout à fait délicieux ce plat et elle n'a dit ça que pour l'encourager, les plaisanteries en simple écran protecteur. Elle n'en a cependant pas besoin. Silas apaise sans même s'en rendre compte et ce, quand bien même il s'agit là de son histoire. Elle peut bien donner de fausses excuses et restructurer un monde qui, pour l'heure, n'appartient qu'à eux; il l'innocente à sa manière, emprunte un chemin rare, pavé d’une émouvante abnégation, d’une dépossession de soi qui se donne pour rien – gracieuse dans tous les sens du terme.
  
Le son de la vaisselle et des autres conversations lui parvient comme une nébuleuse lointaine. L'attention est toute entière sur le triste récit. Triste, elle ne sait pas vraiment. Elle goûte peu la tristesse, s'y refuse dans un entêtement terrible. L'obstination de ne pas vouloir s'effondrer. Elle préfère l'adjectif tragique, les élégies antiques en toile de fond. Elle darde un long regard sur les tissus roses de sa robe. Ça n'a jamais vraiment été sa couleur. Elle a le teint trop blanc, les cheveux trop noir, les yeux trop vert. A travers ses prismes de couleurs, elle s'aperçoit qu'il a l'art de raconter les évenements. Sans doute a-t-il pu penser la mention du fjord inutile mais Queenie est sensible aux images, aux évocations, les couleurs perlant dans son esprit. Les yeux se font lune sous le sourire. « Au quidditch ? » Elle secoue délicatement la tête avant de se mordre la lèvre pour retenir une exclamation amusée. C'est jolie cette façon de se rencontrer et de nouer des liens. Elle tricote des rêves de façon absente du bout des doigts sur ses couverts. L'appétit ne cherche pas vraiment la nourriture mais plutôt la suite d'une histoire qu'elle devine intense. Tout a l'air si simple à première vue, les failles absentes, les précipices réduits à de simples absences entre les deux amoureux. Ne pas se voir est pourtant une bonne chose selon elle. On gagne à ne pas se soumettre aux ouragans. Sans doute, ont ils empruntés la bonne voix.

Le récit de la chute la fait sourciller. Il y a une lenteur de nacre qu'il impose et qui suggère déjà les tristesses indicibles à venir, comme le ferait la palette d'un peintre bien avant que le pinceau ne s'applique sur la toile. Et enceinte ? Un nœud de sentiments dissonants lui serre le cœur. L'empathie n'est pas sa première qualité, ni même la seconde., elle s'imagine néanmoins le désarroi  qui a dû être le leur. L’impuissance les a probablement obligé à traverser des chemins amers, de ceux qui ne disposent d'aucun passage clouté et aucun panneau pour obliger les usagers à freiner. « Néa a quitté la Norvège. Elle est devenu professeur de vol et de Quidditch à Durmstrang. Vous comprenez qu’il m’était difficile d’y retourner. J’ai poursuivi mes voyages pendant quelques temps. Puis, la disparition de mes parents m’a poussé à revenir en Angleterre et à m’y installer, définitivement » Le regard émeraude croise celui de l'astronome à nouveau. Elle suspend ses pensées en remarquant enfin son expression mi-grave, mi-caressante – l’expression d’un homme qui, même replongé dans de vénéneux souvenirs, se serait fait un plaisir d’écouter ses réactions patiemment pour ne pas lui faire l’offense de l’interrompre. Elle finit par acquiescer, soudain un peu plus sérieuse – mais pas trop non plus, c’est mauvais pour son teint se dit-elle déterminée à garder un peu de superficialité en armure. « J'aurai aimé que tout ceci ne vous arrive pas. C'était un peu triste... » Les phalanges effleurent les siennes sur la table comme une pression pudique qui ne s'avoue pas, un désolé silencieux« Je comprends mieux pourquoi vous êtes parmi nous. » Elle a toujours été égoïste alors une petite voix piaille que le chemin a certes été douloureux mais que le résultat n'est pas dénué de sens. Ce n'est pas très gentil, pas vraiment adorable alors elle garde pour elle la chose. Personne n'a envie de s'entendre dire que les chemins de Croix ont leur utilité, elle encore moins que les autre. « Dix ans à contempler la voûte céleste depuis. Il reste encore quelque chose à découvrir ? » provoque-t-elle gentiment. Les plats défilent, les fourchettes sont à nouveau négligées. « Vous compter voyager à nouveau, je suppose. Le temps doit filer différemment quand on garde les yeux levés vers les cimes, probablement un effet de miroir. Les astres ont un autre rapport à tout ceci. Ils doivent s'amuser à nous voir nous agiter ainsi pour tout et pour rien, vous ne croyez pas ? » Un soupir ondoyant et irisé lui glisse agréablement le long de la poitrine, un éclat de vivacité qui se mue en amusement. « Vous ne vous perdez jamais ? Il faut me le dire, je peux préparer des cordes, monsieur l'astronome. Ou des phares, pour que vous retrouviez votre chemin sans encombre. » Les lèvres se froussent un instant. « Je me perds déjà parfois pour des broutilles. » Le parfum du jasmin reste en suspens sur sa langue et puis, « La question est éculée, surtout au vu de ce que vous avez bien voulu me raconter mais n'avez vous jamais envisagé de vous fiancer à nouveau ? » Le regard est sincère sous le sourire sybillin.

(c) DΛNDELION


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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Mer 12 Juil - 15:41


Ad Astra Per Aspera
Décembre 2022 @Queenie Nott

En cette soirée d’automne, la demeure des Shafiq semblait être un refuge. Un refuge où, certes, seuls quelques invités triés sur le volet étaient présents, mais un refuge tout de même. À dire vrai, c’était la chaleur de l’accueil, le raffinement de la réception et la qualité des convives qui rendaient cette soirée toute spéciale. Silas avait hésité, un temps, à répondre à l’invitation qui lui avait été adressé. Il ne sortait que rarement. D’abord, car il avait perdu l’habitude de ces mondanités propres aux familles de Sang-Pur. Ensuite, car Poudlard, malgré ses défauts, lui offraient le calme reposant d’un écrin discret et bienveillant. C’était, pour celui qui avait longtemps voyagé, déjà beaucoup. Plus il restait à Poudlard, moins l’astronome avait envie de reprendre ses pérégrinations. Il lui paraissait devenir à l’image de certains astres qui, comme fatigués, ralentissaient leur course. D’ailleurs, Silas se surprenait à goûter le confort de la chambre qu’il occupait au sein du château. En apparence, cela n’était guère surprenant. En apparence seulement car, pour quelqu’un comme Silas, posséder une chambre aménagée avec soin avait un charme particulier. Lors de ses voyages scientifiques, il était un nomade, allant de lieu en lieu, dormant chez des connaissances, au sein d’écoles magiques ou, le plus souvent, dehors. À Poudlard, la chambre du professeur d’astronomie était située dans une partie réservée du château, offrant ainsi une intimité nécessaire après les longues journées d’enseignement. Les murs étaient décorés avec des tapisseries, dont la couleur tirait vers le bleu profond, représentant des scènes magiques et historiques. Sur l’une d’entre elles, d’ailleurs, trois silhouettes en longue robe se dessinaient et, parfois, s’animaient. La première, située la plus à gauche, était tournée de trois-quarts et s’adressait aux deux autres. Celle du milieu tenait une sphère armillaire et faisait face au spectateur mirant la scène. La troisième silhouette, légèrement décalée par rapport aux deux autres, avait en main une représentation du système solaire. Entre le deuxième et le troisième personnage, un navire voguait vers le lointain. La tapisserie figurait ainsi Aristote, Ptolémée et Copernic. Quant au bateau, c’était une métaphore de la science : pour la faire avancer, le savant, à l’image d’un capitaine de navire, doit conduire son vaisseau avec précaution et délicatesse. La scène n’était pas inédite : c’était une reprise de la célèbre gravure du frontispice du Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, de Galilée. Il était fort probable que la tapisserie soit là depuis le XVIIIème siècle tant l’intérieur du château changeait peu avec les années. Un foyer, crépitant lorsque le froid tombait sur le château, encadré par des pierres sculptées, trônait dans un coin de la chambre, diffusant une douce chaleur et une lumière tamisée. Les linteaux de la cheminée étaient ornés, à senestre, d’un soleil et, à dextre, d’une lune. Sur la pierre surplombant l’âtre, des étoiles avaient été discrètement gravées. Un confortable fauteuil rembourré était placé à proximité, invitant l’occupant des lieux à s’y détendre et à lire après une longue journée. La chambre était meublée avec un grand lit à baldaquin, drapé de rideaux de velours bleu strié de fils d’argent. À côté du lit, une petite table de chevet, sur laquelle une lampe à la lueur douce, parfaite pour la lecture nocturne, avait été installée. Un bureau d’ébène occupait une partie de la chambre, avec des étagères remplies de livres et de parchemins. Des plumes, des encres colorées et des instruments de mesure magiques étaient soigneusement disposés, prêts à être utilisés pour la préparation des cours et des recherches. Une armoire spacieuse se trouvait contre l’un des murs. Silas y rangeait ses vêtements de cérémonie et ses robes académiques. Bien que, ce soir, l’astronome soit habillé comme un Moldu, il appréciait le style des longues robes si caractéristiques du monde des sorciers. Un grand miroir jouxtait l’armoire. Silas avait apporté des touches personnelles somme toute assez minimes. Pêle-mêle, il avait installé de rares photographies de ces années estudiantines, des objets de collection ou des croquis réalisés de sa main. Sur le bureau, il avait placé un cadre avec la photo de sa jeune sœur et de leurs parents, décédés. Sa sœur n’était pas présente ce soir, d’ailleurs. Aucune photographie de Néa n’était visible. Dans l’ensemble, la chambre du titulaire de la chaire d’astronomie était un sanctuaire.

Depuis son arrivée, Silas avait noué des relations amicales avec plusieurs de ses collègues, notamment les professeurs de divination et de métamorphose. Il avait également rendu de rares visites à sa tante, Cassandra Avery, épouse Lestrange. Nous y reviendrons dans quelques instants. L’héritier des Avery avait réussi, depuis son retour, à construire un environnement dans lequel il pouvait évoluer avec confort. Il ne lui manquait qu’une épaule sur laquelle s’appuyait. Le sujet était d’actualité car Queenie Nott allait bientôt malicieusement le mettre sur la table.

Celle-ci avait d’ailleurs adroitement et élégamment répondu à son interrogation. « Les étoiles suivent leurs mouvements, on a juste le vertige en les regardant tracer leurs courses » avait-elle dit. La phrase était belle, peut-être un peu trop, masquant avec adresse les doutes qui émaillaient sa conscience. Les étoiles, parfois, pouvaient aussi se fatiguer à force de darder les éclats de leur lumière sur les astres ternes qui gravitaient autour. Mais le sujet, d’un tacite commun accord, avait été clos. La conversation avait emprunté le chemin du passé de Silas. Son récit avait été long et notre sorcier l’avait mené comme une confession. Sans doute aurait-il souhaité que la chute soit moins brutale. Elle avait fait sourciller sa compagne du soir, au point de la conduire à un geste, éphémère mais sincère, de compassion. Sa main avait effleuré la sienne. Le souffle de ce frôlement était comme la douceur d’une brise marine. Silas lui sourit, reconnaissant de cette attention. Son histoire n’avait rien d’extraordinaire. Elle avait, comme toutes les autres histoires, une dimension tragique où se mêlaient les responsabilités personnelles et le hasard des contingences. Aucune volonté divine, comme dans les antiques tragédies, n’avait présidé à sa finalité. Cette histoire était, en somme, d’une banalité extrême, car elle ressemblait à beaucoup d’autres, et, à la fois, absolument originale pour Silas. Originale, car cette histoire était la sienne. Leur amour s’était éventré sur un accident de parcours, perdant ses ailes d’airain et chutant dans l’obscurité des non-dits et de la rancœur. Sans doute cet amour conservait-il, pour Silas, quelques regrets, de ceux de l’inachevé et du futur non-advenu car « il n’avait pas encor pu saisir une cime,/Ni lever une fois son front démesuré./Il s’enfonçait dans l’ombre et la brume, effaré,/Seul, et derrière lui, dans les nuits éternelles,/Tombaient plus lentement les plumes de ses ailes* ».

« Dix ans à contempler la voûte céleste depuis. Il reste encore quelque chose à découvrir ? » lança-t-elle avec douceur et un charme impertinent. L’astronome esquissa un sourire. Sous ses airs taquins, Queenie venait de poser une question loin d’être absurde. L’astronomie était une discipline partagée entre les Moldus et les sorciers. Les premiers avaient une connaissance très fine du ciel. Alors, que restait-il aux sorciers ? Comme l’avait un jour écrit une ancienne et prestigieuse professeure d’astronomie de Poudlard, les étoiles et leurs mouvements influençaient la magie. Pour tous les astronomes, c’était une règle aussi claire que celle qui régissait les études des spécialistes des baguettes magiques – « c’est la baguette qui choisit son sorcier ». Cependant, la compréhension de cette influence échappait encore en grande partie aux sorciers. C’était d’ailleurs tout l’enjeu des recherches que menait actuellement l’astronome. « Voyez-vous, dit-il amusé, vous évoquez là quelque chose de passionnant ». Son sourire s’élargit. Parler brièvement de ses recherches lui permettrait de ne pas rester trop longtemps prisonnier des réminiscences de ce passé qu’il venait d’évoquer. « Le ciel, ses astres et ses mouvements sont plutôt bien connus. En somme, la cartographie du ciel n’a plus grand-chose à nous apprendre. Néanmoins… » Il laissa sa voix suspendue quelques secondes. « …ce qui nous échappe encore réside dans la manière dont les astres et la voûte céruléenne influencent la magie. C’est-là une chose que tous les astronomes, depuis Ptolémée, ont observé. Les étoiles et la magie sont liées. Les phénomènes célestes font quelque chose aux créatures magiques, et à la magie en elle-même. Pour l’heure, nous en sommes à observer et à recenser ces influences. Au mieux parvenons-nous à les contextualiser et à mettre au jour les rapports à l’œuvre ». Il n’évoqua pas le rôle de Sirius sur la croissance des Strangulots. C’eut été un peu trivial, d’autant que Silas avait relevé des phénomènes d’autant plus mystiques à l’œuvre, par exemple lors des éclipses ou des aurores boréales. « Actuellement, ce sont les aurores boréales, ou polaires, qui m’intéressent. En avez-vous déjà vues ? » L’astronome posa ses prunelles sur les iris de la jeune sorcière. « Elles surviennent près des pôles, souvent au cœur de la nuit. Tout est calme et apaisé ; le paysage est comme figé dans une harmonie nocturne. Soudain, une lueur mystérieuse commence à apparaître dans le ciel. Au début, c'est juste une légère teinte verte qui danse timidement parmi les étoiles. Puis, lentement, la lumière prend de l'ampleur. Des voiles chatoyants de couleur verte, parfois rose, violet, ou même bleu, commencent à onduler dans l'obscurité. Ces lumières célestes semblent vivantes, comme si elles avaient une volonté propre. Elles dansent et tourbillonnent avec grâce, créant des motifs complexes et changeants. Elles illuminent le paysage avec une intensité surnaturelle, projetant des reflets éthérés sur la neige et la glace environnantes ». Ses yeux parurent un instant scintiller au rythme du mouvement qu’il décrivait. « Quand elles surviennent, le temps semble se distordre, comme si la magie dansait avec elles ou, plutôt, dialoguait avec elles ». Il sourit. « Pour l’instant, je n’en sais pas plus. Mais j’espère bientôt pouvoir vous en dire plus ». Un bref rire s’échappa. Il savait qu’il ne pourrait peut-être pas tenir cette promesse. La science, même magique, progressait lentement, à petits pas. Sans doute serait-ce un autre astronome qui, dans le futur, parviendrait à expliquer que ce Silas avait seulement relevé et observé.

Allait-il bientôt repartir en voyage ? « À vrai dire oui, mais pas longtemps » répondit Silas. « Les voyages me semblent plus fatigants qu’il y a une dizaine d’années. Pour être honnête, j’ai noirci des dizaines de carnets de notes et de dessins. Il me faudrait maintenant les reprendre, au calme. Bien sûr, je voyagerai dans les prochains mois, mais seulement pour observer les aurores polaires. La sédentarité a des avantages que je commence à percevoir ». Il sourit, et ce d’autant plus que la jeune sorcière se proposa de le ramener si d’aventure il venait à se perdre. Au passage, elle lui confia qu’elle aussi, parfois, s’égarait. Silas inclina très légèrement la tête. « Et pourquoi ne serions-nous pas, comme dans le mythe, l’Ariane de l’autre ? Si je me perds dans les étoiles, vous me guiderez jusqu’à ce que je revienne sur terre, les deux pieds sur le sol d’Albion. Et si vous vous perdez, je saurais vous guider au-delà du labyrinthe dans lesquelles nous plongent parfois les broutilles de l’existence ». Il marqua une pause, constatant que son verre était à nouveau rempli. Il n'avait pas fait attention si quelqu’un était passé pour le remplir ou si c’était l’effet d’un enchantement des maîtres des lieux. « Une main amicale est un sûr moyen de revenir sur terre ou de s’échapper des labyrinthes, ne croyez-vous pas ? » Son sourire s’élargit brièvement, comme son visage se détendait sous l’effet de la conversation et de la prestance de sa voisine du soir.

« La question est éculée, surtout au vu de ce que vous avez bien voulu me raconter mais n'avez-vous jamais envisagé de vous fiancer à nouveau ? » L’homme arqua un sourcil, le regard à la fois intrigué et amusé. Il était évident que, les années passant, la question se posait chaque jour avec une acuité plus pressante. Silas n’était pas dupe de cela. Il mira la jeune femme. Elle ne pouvait pas ignorer l’enjeu de sa question, compte-tenu de l’histoire de la famille Avery et des usages en cours chez les Sang-Pur. Silas était l’héritier par défaut. Son oncle, Tobias Jr., était à Azkaban. Sa tante, Cassandra Lestrange, avait participé à la perpétuation de sa famille de mariage. Elle avait en effet épousé Rabastan Lestrange et donné naissance à plusieurs enfants, dont Alexander Lestrange, le père du promis de Queenie. Silas était donc un parent relativement proche de la belle-famille de sa convive du soir. Bien que Silas et Alexander ne soient pas particulièrement proches, les deux avaient un respect mutuel l’un pour l’autre. Silas ne connaissait cependant pas Adrian. Notre sorcier avait conscience qu’il lui faudrait bientôt se marier. Il n’était pas un si mauvais parti que cela et il avait accepté, le temps avançant, qu’il ne ferait pas forcément un mariage d’amour. Tout cela Queenie le savait probablement, ou le devinait assurément. « Vous n’ignorez sans doute pas les zones d’ombre de l’histoire de ma famille » commença-t-il. « Mon oncle, Tobias, est à Azkaban. Pour longtemps ». Silas n’avait pas manifesté d’émotion particulière en évoquant Tobias Jr. Son sort lui était indifférent et, pour être honnête, les choses seraient plus faciles s’il demeurait enfermé. Cet homme était trop fanatisé pour se contraindre. Il n’était pas assez intelligent pour ne pas poser de problème. L’astronome continua : « De fait, nous ne sommes que trois Avery encore en vie et libres. Ma tante Cassandra, épouse Lestrange, la grand-mère d’Adrian Lestrange, ma sœur et moi-même. C’est donc à moi qu’il incombe de perpétuer la lignée ». Il but une petite gorgée de vin. « Pour vous répondre, je l’envisage sérieusement ». Il eut un petit rictus amusé. « Je vieillis, chère Queenie. J’ai conscience, en outre, que les unions arrangées sont une règle parmi nous. Aussi, je sais bien qu’il me faut bientôt me marier. Bien que je n’aie aucune injonction en la matière, la facilité serait de choisir une promise au sein d’une famille de Sang-Pur ». Toutes ces règles, tous ces usages, Queenie, malgré son jeune âge, les connaissait parfaitement. Elle les connaissait sans doute même mieux que lui. Ces traditions, comme souvent, pesaient plus durement sur les femmes, véritables objets de stratégie familiale et matrimoniale. En la matière, Silas n’avait rien à lui apprendre mais, au contraire, tout à apprendre d’elle. Un sourire revint sur son visage et une lueur amusée se ralluma dans ses iris. « Mais vous connaissez la principale difficulté en la matière : trouver la bonne personne ».

* Victor Hugo, « Et nox facta est », « Hors de la Terre I », La fin de Satan.
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Dim 16 Juil - 17:23

Ad Astra Per Aspera
Queenie & Silas

« Dark was for stars and dreams and the magic that took place in between days. »

Les reflets bleutés miroitent tout autour d’elle, lumière tranchante au beau milieu d’une nuit aussi étoilées que possible. Ce n’est pas tant dû au décor qu’au regard qui se pose sur elle, attentif et bienveillant. Cela fait une éternité lui semble-t-il qu’on ne l’a pas regardé ainsi. Oh d’accord, elle exagère. Elle est aimée en vérité, choyée assez souvent mais Queenie a l’égocentrisme des enfants gâtées dés leur naissance où rien n’est jamais trop beau pour leurs yeux, rien n’est jamais assez - ou un simple refus de friandise fait l’effet d’une fin du monde apocalyptique. « Voyez-vous, vous évoquez là quelque chose de passionnant » C’est anodin dans leur conversation fleuve mais elle le prend pour un compliment, une façon souterraine de lui avouer, une fois encore, qu’elle est aussi passionnante que son astronomie.

Dans une petite coupe, une glace à la pistache et à la cardamone. Elle reconnait bien là l’élégance chaleureuse de la matriarche et laisse le dessert fondre sur sa langue, l’aura tournée toute entière vers Silas et ses songes éveillés. Elle apprécie le rythme onduleux, pareil aux vagues d’une mer calme, et les gouttes de suspens dont il éparpille son récit. « Je crois que vous m’avez convaincu, Silas. Pour de bon. » Elle secoue doucement la tête, la négation nacrée quand il demande si elle a vu des aurores boréales. Le regard glisse vers des méandres inconnues. Elle n’a jamais lu ses livres et elle le regrette. S’il écrit comme il parle, le voyage est assuré. Tandis qu'il conte les secrets innombrables des aurores, elle peut presque en toucher les fantasmagoriques volutes dans ses iris. « Quand elles surviennent, le temps semble se distordre, comme si la magie dansait avec elles ou, plutôt, dialoguait avec elles » L'expression se fait rêveuse. Elle est tentée de lui parler du salon du Temps chez elle. Il est si particulier après tout et elle est certaine qu’il lui plairait énormément. Peut-être si elle fait en sorte qu’il soit invité au prochain repas chez les Nott ? Elle pourra ainsi l'y emmener sans que cela ne laisse place à d'obscures rumeurs. Les rouages cliquètent dans son esprit. Les Nott donnent de bien moins extravagants repas que les Shafiq, les Lestrange ou les Rowle mais ce qui est plus discret peut s’avérer tout aussi fructueux au final.

« Bien sûr, je voyagerai dans les prochains mois, mais seulement pour observer les aurores polaires. La sédentarité a des avantages que je commence à percevoir » Elle s’abreuve à son verre avant d’émettre un rire cristallin. À la façon d'un héliotrope, son nez joyeusement froncé se tourne instinctivement vers le charmant aveu. « Le confort et la chaleur d’un chez soi ont irrésistibles. Tout aventurier que vous êtes, vous n'y couperez pas. Vous vivez au château des Avery ou vous restez à Poudlard en ce moment ? » Elle aime mieux l’école maintenant qu’elle n’est plus obligé d’y séjourner constamment. Ses cours continuent à la mener souvent au cœur de ces couloirs embellies par la chaude patine du temps, qui palpitent, tantôt tranquillement ainsi qu’une eau dormante, tantôt impétueusement ainsi qu’une eau vive ; leur usure n’est pas seulement celle de la désuétude, du reste : l’étrange décoloration des murs suggère des veines où le sang aurait pulsé trop fort. Poudlard a sa propre vie, les murs resteront là encore et encore, malgré les assauts du temps et quand eux-mêmes ne seront déjà plus.

Queenie cille dans une lenteur tourmaline. C’est une jolie proposition que celle d’être totem l’un de l’autre. La certitude d’une main secourable, aux contours soyeux, au toucher de velours, capable d’arracher à l’attraction du vide, aux maelströms d’un cosmos divaguant. Les promesses qu’il formule semblent s’échouer à ses pieds et il se penche vers elle, suffisamment pour qu’elle puisse contempler l'éclat mordoré dans ses pupilles. La proposition ressemble à un coquillage de fortune où elle pourrait cacher tout ses secrets. Un fil. Une voix. Elle est tentée. Réellement.  Ariane est de l’autre côté de la pelote. « C’est une bien triste romance que celle d’Ariane. Elle aurait dû sauver le minotaure et non pas Thésée… » Il lui a toujours semblé que les véritables victimes de cette légende n’étaient autre que la bête et la pauvre jeune fille qui s’était effondrée en pleurs et en cris sur le bord de la plage.

Ariane aurait dû au moins laisser Thésée se faire dévorer.

Le pépiement des convives scintille, incandescent et doré. La voix de Silas a des teintes plus céruléennes les reflets d’argent. Le tout lui forme un bracelet fauve au poignet, lui permet de l'amarrer à nouveau à sa chaise et ce, de justesse. Les paupières se font lourdes d’appréciations muettes qui ne se perçoivent pas totalement. Elle ne répond pas véritablement, ne croit pas que cela soit nécessaire au final. Elle préfère bifurquer vers les terribles histoires matrimoniales. Il est si charmant qu’elle ne comprend pas vraiment que la plupart des parents ne soient pas à tâcher de refourguer leurs filles dans ses bras. Elle a un geste de la main comme pour marquer l’inconséquence de la chose. « Je crois bien que la quasi totalité des familles composant les vingt-huit ont quelques parents à Azkaban. C’est presque un gage de qualité, je vous assure. » Elle bat candidement des cils, adoucit la brusquerie de ce qu’elle vient d’énoncer d’un sourire sucré. Du reste, ce n’est pas totalement faux. Certains ont été plus discrets que d’autre mais force est de constater qu’une fois la guerre terminée, les dégâts ont été considérables au sein des noms émérites de l’aristocratie vermeils des sorciers britanniques. « Oh, vous êtes de la famille alors, enfin vous le serez. » Le cœur saute. La dernière entrevue avec son fiancé a été agité, l’apprentissage de l’occlumencie la tend imperceptiblement.

Ariane tire un peu sur le fil, revient sur la corde que suggère tranquillement la voix du professeur d’astronomie puis se fend d’un sourire invariable. « C’est heureux. Buvons à cela. » Le rire fleurit sur les lèvres roses. « Et à votre âge vénérable apparemment. Avez-vous assisté à la construction des pyramides ? » Elle se moque gentiment, adorablement même – oui. L’impudeur qui lui pétille dans le fond des yeux signifie bien on-ne-peut-plus éloquemment combien elle le trouve parfait en tout point et que l’âge n’est pas vraiment à prendre en compte ici. Silas a tout du prince charmant, ce ne sera pas compliqué se dit-elle. Elle cherche dans sa mémoire les potentiels noms possible pour contenter les Avery avant de contempler un instant le visage de l’astronome. « Mais vous connaissez la principale difficulté en la matière : trouver la bonne personne » Queenie frousse les lèvres. Elle aurait dit oui il y a quelques mois mais c’était avant les fiançailles de ses meilleures amies puis les siennes. Sur le papier et au vu des débuts chaotiques, elle devrait avoir la meilleure entente avec Adrian. C’est Freyja qui devrait tempêter et promettre d’occire Keylian ; c’est Arya qui devrait jeter la vaisselle sur le museau de ce crétin de Céliano. Et verdict ? C’est tout le contraire.

Elle n’aime pas admettre ses limites et, même s’il est plus âgé qu’elle, elle aime à se dire qu’elle perçoit tout aussi bien ce que cela implique que de trouver chaussure à son pied. « Autant que savoir, douter me plait. » Elle cite dans une petite moue, ce pauvre Dante. « Je ne crois pas qu’on puisse savoir. Parfois on croit que l’on va bien s’entendre et puis on ne s’entend pas. Il vous faudrait sans doute quelqu’un d’aussi passionné que vous ne l’êtes. Cela dit, un rendez-vous sous les étoiles feraient fondre n’importe qui. C’est si romantique. » Elle porte le verre à ses lèvres et, dans une terrible provocation souriante, « moi je ne le suis pas vraiment. Romantique j'entends. Incroyable n'est-ce pas ? Mais des étoiles ? Je crois que cela me plairait. »

Ils sont interrompus par les hôtes. Le repas s’achève, l’odeur joyeuse des conversations animés ondule dans l’atmosphère chatoyante. On les invite aux cafés et aux liqueurs, le tout en s’éparpillant dans les salons attenants. Il y a les jeux, la salle de musique où se trouve un piano et une harpe, les jardins pour qui veut prendre un peu l’air. Queenie lisse sur ses hanches sa robe et se tourne vers la matriarche qui pose une main sur le bras de la jeune femme puis l’autre sur celui du professeur. « Raasathi, tu t’es régalé j’espère ? Il faut remplumer tout ça. Vous aussi monsieur Avery. Tout à l'heure, il y aura des barfi avec le chaï, il faudra goûter. » La mamie suprême des Shafiq dodeline de la tête dans un sourire avant d’houspiller tout ce beau monde hors de table. « On ne peut guère lui désobéir, j’ai essayé une fois quand j’avais huit ans. Mauvaise idée croyez moi. » Souffle Queenie en catimini à l’intention de Silas.

Elle sait bien que les conventions voudraient qu’ils voguent vers d’autres convives mais elle se plante devant lui, un petit air de démon sur le nez. « Je ne vous quitte pas pour le reste de la soirée. Vous êtes mon prisonnier. Le fil d’Ariane voyez vous. La maison est un véritable labyrinthe. » Il peut choisir cela dit l’endroit pour continuer la conversation. Elle n’est pas tyrannique, enfin, pas totalement.

(c) DΛNDELION


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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Mar 18 Juil - 17:04


Ad Astra Per Aspera
Décembre 2022 @Queenie Nott

La nuit progressait, entourant de ses bras de ténèbres le petit monde qui s’égayait dans le manoir des Shafiq. La lune, elle, poursuivait sa course dans un ciel de jais parsemé d’étoiles. Le temps, donc, passait. Il passait d’autant plus vite que la soirée était agréable, du moins du point de vue de Silas. Mis à part quelques brèves paroles échangées avec les hôtes et un ou deux convives, ce fut Queenie Nott qui occupa sa conversation et son attention. L’astronome ne s’en plaignait pas. Il était rare de rencontrer, en de telles agapes, des personnes aussi attentionnées et raffinées qu’elle, avec un soupçon d’impertinence toujours administré avec mesure. À mesure que l’obscurité, dehors, se faisait plus épaisse, le repas arrivait petit-à-petit à son terme. « Le confort et la chaleur d’un chez soi ont irrésistibles. Tout aventurier que vous êtes, vous n'y couperez pas. Vous vivez au château des Avery ou vous restez à Poudlard en ce moment ? » La question, posée par la jeune sorcière, avait occupé, un temps, l’esprit de notre homme. La demeure des Avery était confortable, à l’image de celles des autres familles de Sang-Pur. À y regarder de plus près, elle était peut-être plus froide. Du temps du Seigneur Noir, Tobias Jr., l’oncle devenu détestable, avait réorganisé le manoir, lui donnant un aspect plus lugubre. Le père de Silas, Marcus, n’avait pas initialement hérité de la demeure familiale. Il n’était que le cadet. Ce ne fut que lorsque Tobias, à la mort de Voldemort, reçut son juste châtiment que la demeure tomba entre les mains de Marcus. Ce dernier, sans doute car son frère était encore vivant, ne s’y installa pas. D’ailleurs, ce fut uniquement parce que Tobias, pour ses crimes, fut privé de tous ses droits qu’il perdit ses biens et possessions. Nombre d’entre elles, d’ailleurs, avaient été illégalement acquises. À la mort des parents de Silas, celui-ci reçut logiquement l’ancestral foyer des Avery. En qualité d’héritier, il en était le seul et unique propriétaire, bien qu’il laissât sa sœur s’y rendre quand elle souhaitait. Entre son retour en Angleterre et son entrée à Poudlard, comme Professeur d’Astronomie, Silas avait entrepris quelques travaux. Ceux-ci concernèrent surtout l’extérieur. Tobias, en son temps, installa des statues de marbre représentant d’anciens Sang-Pur célèbres, dont plusieurs membres de la famille Avery. Silas les détruisit. Minutieusement, l’astronome avait tracé les plans d’ambitieux réaménagements des jardins. Le manoir, situé au cœur d’un parc, était accessible en passant par une grille en fer forgé, encastrée entre deux piliers et une voûte en briques. Un chemin de gravier, sinueux, conduisait à la demeure. De part et d’autre du sentier, Silas avait fait installer des arbres et des bosquets touffus. Il souhaitait masquer la demeure dans un écrin de verdure. Ceci dit, le gros du travail avait concerné le jardin à l’anglaise, situé de l’autre côté du manoir. L’astronome avait souhaité créer un lieu féérique, véritable enchantement pour les sens. « Je vis à Poudlard la semaine. Cela est bien sûr plus pratique. Le week-end, je me rends dans la demeure familiale. Enfin, ma demeure, maintenant ». Il sourit tout en s’interrogeant. Il ne voulait pas se montrer à l’image certains hommes avec des jeunes femmes, parlant allégrement d’eux-mêmes, assommant leur auditoire par leur autosatisfaction primaire. Depuis longtemps maintenant, Silas avait fait sien une saillie, attribuée à Paul Valéry, selon laquelle il faut toujours se méfier de ceux qui goûtent cette inimitable saveur que l’on ne trouve qu’à soi-même. Sage précaution lorsqu’on évoluait dans le milieu des savants comme dans celui, plus feutré, de la haute société magique. Reportant son regard sur sa compagne du soir, Silas poursuivit : « Je profite de la fin de semaine pour me reposer dans le calme de cette demeure. Il a fallu y faire quelques aménagements, notamment à l’extérieur voyez-vous. Vous vous en doutez sans doute : j’y pense de longs moments ». Son sourire s’élargit. Le jardin s'étendait sur une vaste étendue de verdure, parsemée de fleurs colorées et de plantes luxuriantes. Les allées sinueuses invitaient à s’aventurer plus loin, incitant à découvrir les merveilles qui se cachent à chaque tournant. Des massifs de fleurs délicates, telles que des roses, des lupins et des pivoines, s'épanouissaient dans un kaléidoscope de couleurs vives. Les parterres étaient soigneusement agencés, créant des contrastes harmonieux entre les teintes pastel et les nuances plus vives. Les senteurs enivrantes des fleurs flottaient dans l'air, embaumant chaque coin du jardin. Des arbres épais se dressaient ici et là, offrant de l'ombre et de la fraîcheur. Leurs branches entrelacées formaient des arches naturelles, créant des passages ombragés et mystérieux. Des lianes grimpantes serpentaient le long des troncs d'arbres, ajoutant une touche de féerie à l'ensemble. Comme dans tout bon jardin à l’anglaise, le maître des lieux surveillé la création d’un canal, plutôt un ruisseau, qui serpentait à travers le jardin. De jour, les reflets du soleil sur l'eau créaient des jeux de lumière, faisant scintiller les feuilles des nénuphars et les poissons colorés qui nageaient dans les profondeurs. De nuit, les rayons opalins de la lune, renvoyés par la surface de l’eau, se dispersait sous les étoiles comme des gouttelettes d’argent. Des statues gracieuses, d’inspiration classique, se dressaient parmi les parterres de fleurs, rappelant une époque révolue. Des bancs en pierre, disséminés çà et là, offraient des endroits tranquilles pour s'asseoir et contempler le paysage. D’aucuns pouvaient y entendre le murmure apaisant de l'eau, les chants des oiseaux et le bourdonnement des insectes. Symphonie naturelle qui enveloppait le promeneur. « L’aménagement du jardin m’a demandé beaucoup de temps et d’énergie. Mais le résultat est satisfaisant, du moins à mon goût. La demeure est devenue, en somme, mon petit havre de paix ». Il inclina légèrement la tête et poursuivit : « Venez le visiter, un jour, lorsque vos pas vous conduiront non loin du manoir. Je suis certain qu’il vous plaira ». Il lui sourit et continua, plus léger : « Vous avez, en somme, raison. Le confort d’un chez soi est irrésistible. J’ai fini par l’apprendre ».

La jeune sorcière releva à juste titre la fin tragique du périple d’Ariane. Celui de sa sœur, Phèdre, n’était guère plus enviable. « Elle aurait dû, en effet. Mais je vous crois assez forte pour échapper au fatum ». Les dieux d’alors aimaient à jouer avec les familles, maudissant sur plusieurs générations ceux qui avaient eu l’hubris de les défier. « Les anciens dieux étaient cruels, usant des mortels, prisonniers du tragique de leur existence, pour leurs desseins. Condamnés par avance, ils ne pouvaient que marcher vers leur destin. Au moins pouvaient-ils tenter une révolte, lancer un cri à destination des cieux. Une rébellion toujours inutile. C’est dans doute cela qui rend leur histoire si particulière et si belle, encore aujourd’hui. N’est-ce pas toujours plus beau, lorsque c’est utile ? » Le tragique était ainsi, inéluctable, inutilement révolté et, ce faisant, magnifique et intemporel. Alors que Queenie rappelait qu’Azkaban était une grande réunion de Sang-Purs, Silas songea, mi-amusé mi-rêveur, que fort, heureusement, ils n’étaient pas comptables des erreurs de leurs aïeux. Sans cela, toutes les familles de Sang-Purs auraient déjà connu un sort semblable à celui des enfants de Minos ou des Atrides. Queenie mentionna qu’ils appartiendraient, bientôt, à la même famille. L’astronome ne put discerner, derrière cette seule mention, ce qui était caché. Un non-dit, imperceptible et inaccessible, sauf pour Queenie. Silas connaissait mal la jeune génération des Lestrange. Il connaissait mieux, en revanche, le père, Alexander. Leurs rapports étaient cordiaux et respectueux, mais notre homme savait qui était le chef de la famille Lestrange. Silas avait donc pertinemment conscience de la famille dans laquelle allait entrer la sorcière. Il posa ses iris dans les prunelles de la jeune femme et inclina la tête alors que ses lèvres s’étiraient en un sourire chaleureux. Il ne pouvait faire mieux, pour le moment.  

Ils burent à cette promesse. À deux, ils sauraient utiliser correctement le fil, sans sacrifice inutile. « Et à votre âge vénérable apparemment. Avez-vous assisté à la construction des pyramides ? » Silas arqua un sourcil, faussement contrarié face à l’amusante impertinence de son vis-à-vis dont le regard brillait d’une étincelle provoquante. « Allons donc, chère Queenie… comment pouvez-vous penser que j’ai été témoin de la construction des pyramides ? » Il marqua une pause, sa voix en suspension dans l’air : « J’étais seulement présent lors de leur inauguration… » Son sourire se fit plus franc ; ses yeux pétillaient.

Autant que savoir, douter me plaît. C’était on ne peut plus juste, et à propos. « Vous avez raison, l’on ne sait jamais. Le mariage, comme l’amour, est parfois un jeu de hasard ». Silas, en réalité, savait que son mariage était un impératif familial et social, d’autant que, d’ordinaire, les sorciers de Sang-Pur se mariaient plutôt jeunes. Il y avait donc peu de chances qu’il fasse un mariage d’amour. Au mieux, les mariés parviendraient-ils à s’entendre et, avec le temps, à développer une affection mutuelle et respectueuse. L’astronome n’imposerait rien, ne dicterait rien, n’aurait aucune idée préconçue en la matière. Les probabilités étaient fortes qu’il soit, pour son épouse, un choix imposé par sa famille, et non par son cœur. Les étoiles, peut-être Queenie avait-elle raison, pourraient rendre plus supportables cette prison aux barreaux dorés ? « C’est parce que les étoiles parlent au cœur. Elles percent doucement nos carapaces et se révèlent à nous dans leur douce clarté ». Il soutint le regard de la jeune femme. « Incroyable ? Avec vous, rien n’est incroyable, chère Queenie ». Quant au romantisme, c’était un luxe que mêmes les plus riches ne pouvaient pas, parfois, s’offrir. À Silas, ce luxe semblait inaccessible.

Sur ces entrefaites, la matriarche des Shafiq se présenta, leur intimant de ne pas se sentir rassasiés, pas encore du moins. D’autres douceurs étaient à attendre. Le ton ne laissait pas de place au doute. Silas laissa échapper un rire clair. Alors qu’elle s’éloignait, Queenie se pencha vers lui et lui souffla qu’il valait mieux se conformer aux directives qui venaient d’être énoncées. Presque dans le même souffle, l’astronome répondit : « Je vous crois. Ne nous risquons pas à provoquer l’ire de notre hôtesse ». La sorcière enchaîna : « Je ne vous quitte pas pour le reste de la soirée. Vous êtes mon prisonnier. Le fil d’Ariane voyez vous. La maison est un véritable labyrinthe ». Silas hocha la tête, toujours amusé, mais aussi flatté que la jeune femme préfère poursuivre leur conversation avec lui. Elle aurait pu vouloir s’éloigner vers de plus sémillantes et juvéniles figures que celle d’un professeur d’astronomie. « Alors je vous promets de ne pas tenter de m’échapper. Je ne crois pas pouvoir rêver d’une meilleure geôlière ». Il marqua une pause. Il désigna discrètement de la main les convives qui se levaient pour se diriger vers les différents salons et ajouta à voix basse, à son tour un brin impertinent. « À condition, bien sûr, que vous ne me jetiez pas sur un invité à la conversation assommante. De tels minotaures doivent bien s’être glissés parmi les convives ».

Le sorcier aurait apprécié de poursuivre quelque peu la conversation. Or, l’usage était de se mêler, une fois le repas terminé, aux autres personnes présentes. Ces dernières s’éparpillaient dans les différents salons et salles pour poursuivre la soirée en plaisantes discussions autour d’un café, d’une tisane ou d’un digestif. Néanmoins, plantée devant lui, Queenie arborait un air un brin mutin, le visage décidé à ne pas, ce soir, se laisser imposer les us des réceptions mondaines du monde des sorciers. À cette vision, Silas esquissa un demi-sourire. « Que diriez-vous de nous éloigner de ces minotaures et de profiter un peu du jardin ? La nuit est belle, quoiqu’un peu fraîche ». Cette histoire prenait en effet place au début du mois de décembre. Le jardin des Shafiq était à l’abri du vent, ce qui rendait l’extérieur supportable. Néanmoins, la nuit, si elle était douce pour une nuit d’automne, ne l’était pas assez pour se passer d’un manteau. « Permettez que je demande nos manteaux et capes ». Amusé, il reprit : « Je m’en voudrais si, par ma faute, vous attrapiez une fièvre maligne ». De senestre, il fit un geste qui attira l’attention de l’un des domestiques. Silas lui désigna le jardin. L’employé, habitué aux réceptions de ce genre, comprit instantanément de quoi il en retournait. Il revint bientôt, accompagné par une collègue, chacun portant le vêtement avec lequel Silas et Queenie étaient arrivés. Ils le leur tendirent. Silas prit entre ses mains une cape du même jais que son costume, bordée d’une fourrure d’hermine. Il la passa sur son épaule droite, l’attachant à son flanc gauche grâce à une bretelle de cuir noir. La cape descendait jusqu’au haut de sa cuisse. De son passage à Durmstrang, Silas avait conservé quelques rares habitudes. Il buvait ainsi souvent un thé noir, sans lait ni sucre, et aimait se vêtir de capes portées sur l’épaule, à la semblance de l’uniforme de son ancienne école. À ce titre, le bal de Poudlard approchait et Silas avait, pour l’occasion, passer la commande d’une nouvelle cape, bleue cette fois-ci, chez un tailleur finlandais. Les sorciers, surtout britanniques, avaient des goûts vestimentaires qui leur étaient propres. L’art de se vêtir mêlait plusieurs héritages et esthétiques, avec un goût prononcé, semblait-il, pour la mode gothique ou, du moins, telle qu’elle était parfois fantasmée. Ceci dit, les capes d’épaule n’étaient guère monnaie courante en Albion. Anticipant une possible question de la part de celle qui lui tenait compagnie depuis le début du repas, l’astronome, une fois qu’ils eurent tous les deux mis leur vêtement, précisa : « J’ai conservé, de mon passage à Durmstrang, l’usage de ces capes portées ainsi. C’est un peu martial, mais ce n’est pas pour me déplaire ». Il ponctua sa remarque d’un sourire amusé.

Il se tourna vers la grande porte-fenêtre qui donnait sur le jardin et marcha en sa direction. Arrivée devant, celle-ci s’ouvrit. Silas fit un pas de retrait et, d’un mouvement de la main, invita Queenie à passer le pas de la porte. L’air frais du soir les saisit, sans trop d’agressivité. Nos deux comparses étaient arrivés sur une petite terrasse ; ce niveau de la demeure était en effet en hauteur par rapport au jardin. En face d’eux, un petit parapet de marbre et, en contre-bas, le jardin se déployait sous leurs yeux. Les Shafiq, spécialistes dans l’art de bien recevoir, avaient pris soin de décorer le jardin. Des petites lanternes brillaient dans l’obscurité, dardant leurs rayons orangées autour d’eux. Étrange mais plaisant spectacle que ces jeux d’ombres et de lumières dans une nature plongée dans l’obscurité. Les rayons des lanternes semblaient percer l’épaisseur de la nuit là où ils brillaient, comme s’ils avaient voulu révéler un spectacle d’ordinaire ôté à la vue de l’Homme. Deux escaliers, à gauche et à droite de la terrasse, permettaient de gagner le jardin. La nuit n’était pas sombre, du fait des petites lumières, discrètes mais chaleureuses. Dans le lointain cependant, là où aucune lanterne n’éclairait, les arbres et les bosquets touffus avaient un aspect plus mystérieux, plongés dans les ténèbres. Le ciel, au-dessus d’eux, avait revêtu son manteau d’étoiles. Aucun nuage à l’horizon. La voûte céruléenne s’offrait donc à leur contemplation. Sirius brillait plus que les autres astres, comme à l’accoutumée. Silas s’appuya sur le parapet, le regard quelque part entre la nature découpée par les lumières orangées et le firmament parsemée de fils d’or et d’argent. Des vers de Byron lui vinrent en tête. Il les tut, même si ses prunelles devaient, à leur manière, trahir cette réminiscence poétique. « Elle marche dans sa beauté, semblable à la nuit des climats sans nuages et des cieux étoilés ; tout ce qu’ont de plus beau la lumière et l’ombre est réuni dans ses traits et dans ses yeux, brillant de ces molles et tendres clartés que refuse le ciel à la splendeur du jour* ». Il reporta son attention sur la sorcière qui se tenait à ses côtés. « Cette nature qui, obscure, se refuse à se dévoiler complétement sous le ciel étoilé, voilà un écrin idéal pour poursuivre notre visite du labyrinthe ». Il sourit, appréciant cette métaphore que Queenie avait filée admirablement. « À mon tour de vous poser une question, voulez-vous ? » Son visage s’étira dans une moue taquine. « Puis-je savoir d’où vous vient cette curiosité pour mon statut marital et mes ambitions matrimoniales ? » Il laissa échapper un rire clair, signe que la question n’était pas si sérieuse que cela. Elle était libre de ne pas lui répondre. « Auriez-vous l’ambition, une fois vos études terminées, de devenir le Cupidon du monde des Sang-Purs ? »

*George G. Byron, « Elle marche dans sa beauté », Mélodies hébraïques, 1814, trad. B. Laroche (1847).
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Sam 22 Juil - 10:26

Ad Astra Per Aspera
Queenie & Silas

« Dark was for stars and dreams and the magic that took place in between days. »


Quelque chose dans la façon sobre et dénuée d’ostentation lorqu’il parle de son château résonne en elle, à la manière des carillons d’une nouvelle Cathédrale sur le point de s’achever. Un pressentiment tendu, curieux niché dans son ventre et remontant le long de sa colonne vertébrale. Ce n’est pas la première fois que l’instinct l’avertit de nouveaux cycles à venir et la laisse  dans d’épais brouillards. Les choses changent. « Cela a dû vous paraitre étrange de revenir dans ses conditions. » Mais il l’a fait et il ne semble pas mal s’en porter malgré les déménagements, le travail et un mariage arrangé qui pointe au bout du nez. Elle penche légèrement son visage en dardant son attention sur lui. Est-ce d’avoir autant contemplé le ciel qui lui donne cette douceur inénarrable et cette confiance absolue quant à la Fortune ? Un soupir menace de s’épancher entre ses lèvres. Pour elle c’est différent, elle oublie trop souvent de lever son nez vers les astres, n’a pas le don du Troisième œil comme son amie Freyja, ne possède pas non plus la légilimencie d’Arya, rien d’autre que sa capacité à être changeante comme un ciel d’été et sa certitude d’avoir du goût. C’est beaucoup mais c’est si peu tout à a fois.

« Vous vous en doutez sans doute : j’y passe de longs moments » Le sourire fond un peu plus. Silas n’a pas l’air de se rendre compte de la soie qu’il tisse autour d’elle, comme un drapeau protecteur face aux intempéries en cours. « Aménager ses propres jardins sonne comme un rêve maintenant que vous le dites. » Le sourire se découvre, laissant entrapercevoir un ivoire volontiers aérien. « Oh ne dites pas ça ainsi, je vais prendre un plaisir monstrueux à venir vous voir à l’improviste pour découvrir ce que vous avez fait du sinistre manoir des Avery. » Dit-elle en s’amusant. C’est un peu osée d'avancer ainsi les choses mais la soirée est trop agréable pour de quelconques turpitudes. Du reste, elle revit un peu sous la légèreté des échanges et l’amabilité spirituelle de l’astronome, elle peut donc bien lui offrir cette contrepartie, non ?

La conversation fluide entre les deux voisins de table distille une idée en filigrane dans l'esprit de la jeune femme. Comment se fait-il qu’elle n’y a pas jusqu’alors pensé ? Le verre se repose et la lèvre inférieure se mord légèrement. Adrian lui a demandé si elle voulait quelque chose en échange de l’apprentissage chaotique en occlumencie auquel elle souscrit bon gré, mal gré. Elle a alors répondu des inepties quand bien même l’évidence est là, juste devant elle. Une maison. Petite, peu importe mais bien à elle – à eux réctifie-t-elle puisqu'elle portera son nom, même si dans l'absolu elle doute d'une quelconque unité. Queenie se reprend lentement puis revient d’un sourire à la conversation présente, chassant la nouvelle idée éclair qui vient de zébrer inopportunément ses pensées. La pâle clarté de sa robe rose se répercute joliment sous les filaments dorés de sa flûte et de son eau parfumé. « Si les jardins et le manoir vous ressemble, j’en suis certaine aussi. »

Le bruit de la vaisselle et des verres, maintenant que le repas s’achève tout autour de la table, se perd un peu sous les conversations bruyantes. Ces dernières ont l’enchantement des découvertes et Queenie cille, troublée, lorsque Silas mentionne qu’elle est apte à échapper à une quelconque fatalité. Elle a toujours été si certaine de tout pouvoir affronter mais le camouflet du dernier diner chez les Lestrange lui brûle encore l’humeur. « J’ai bien peur de ne pas être assez élégante pour pleurer sur une plage abandonnée en effet. De toute façon, j'ai l'air d'un poisson-clown quand je pleure. » Le sourire est sage. Il n’y a pas que les anciens dieux qui sont cruels, eux-mêmes ne sont-ils pas de terribles créatures lorsqu'habités par des doutes ?

Ce qu’il dit a tant d’impact qu’elle se contente d’écouter, les mots tissant une toile en lettres d’or sur sa peau. Elle ne sait pas si c’est son statut de professeur mais Silas a la voix la plus relaxante qui soit. Claire, profonde et suave. Elle se laisse porter par les embruns, glisse docilement sur le zéphyr agréable qu’il provoque. « J’étais seulement présent lors de leur inauguration… » La réponse tombe comme sonne le glas, et le regard de la jeune femme se fige sous la surprise. Une seconde, deux et puis le rire éclate, naturel et spontané. Comme c’est agréable toute ces chatouilles et la voilà conquise pour la soirée. La plage n’a pas besoin de pleurs supplémentaires après tout et Ariane aurait dû se faire un radeau ou trouver le minotaure pour se venger de l’affront.

Elle acquiesce, la joie visible. Il a remporté cette manche, elle le lui concède. Il n’aura aucun mal à trouver une épouse. Il a tout du prince charmant, la voix modulée et aussi réconfortante qu’un sofa moelleux après une journée éreintante, la répartie sobre et amusante laisse perler la joie tout autour et les boucles éparses aux tempes ne demandent qu’à être soigneusement rangés du bout des doigts. Oh, elle est certaine de trouver des candidates en moins de temps qu’il n’en faut que pour dire « vif d’or ». Du reste, le souci d’autonomie chez sa partenaire semble lui tenir à cœur au vu du récit de sa précédente fiancée. Peut-être trop d'ailleurs pour une femme qui aime être le centre de l’univers aux yeux de ceux auquel elle tient.
Des noms défilent déjà dans son esprit mais elle les écarte un à un dans une moue exigeante. « C’est parce que les étoiles parlent au cœur. Elles percent doucement nos carapaces et se révèlent à nous dans leur douce clarté » Les émeraudes viennent caresser l’azur sombre. « Vous m’avez traité d'étoile il y a peu. Est-ce que je perce votre carapace ? » Elle le dit comme un secret aérien, aussitôt prononcé qu’évaporé dans l’éther. Il n’a pas besoin de répondre. Elle est incroyable à bien des registres, comprendre qu’elle devrait parfois se restreindre et se faire plus sage au lieu de provoquer son monde et se forger des inimitiés et des incompréhensions durables. Les défauts affluent chez la jeune femme, parfaitement visibles tels des constellations en pleine nuit noire.

Queenie s’illumine, le sourire en étoile filante lorsqu’il parle d’elle en geôlière. « Pauvre minotaure, il a piètre réputation. Il fait seulement son travail. On lui a dit de manger des gens alors il le fait. C’est un curieux mythe, ne trouvez-vous pas : si on obéit comme cette pauvre créature, on est puni. Si on désobéit comme Ariane et son fil : on l’est tout autant. » Elle enfile sa capeline d’un vert impérial, en boucle les attaches, conservant un œil mâtin sur l’astronome. Elle aime beaucoup l’uniforme de Dursmtang, l’impression de puissance qui s’en dégage a toujours été à son goût. Elle se contente d’un petit mouvement de tête néanmoins. « C’est très seyant. »

La soirée est éclatante, le jardin adorable. La nature y est différente le soir. Plus rien ne se voit mais tout s’entend. On peut percevoir la joliesse des ronronnements animaliers, sentir en onde sinueuse la magie scintiller aux alentours, le tout sous l’implacable regard des corps célestes silencieux.  De quoi donner envie de parcourir le monde en longues lignes courbes et indociles. « Vous êtes terriblement optimiste, Silas. Qui vous dit que ce n’est pas moi le Minotaure ? » Elle esquisse un sourire malicieux avant de contempler quelques lucioles d’hiver. Les Shafiq n’ont pas de pitiponks dans leurs jardins et c’est heureux. « Puis-je savoir d’où vous vient cette curiosité pour mon statut marital et mes ambitions matrimoniales ? » Elle lui jette un regard amusé. Rire lui va bien. « Cupidon est horriblement joufflu. » Fait elle faussement outrée. Le sourire revient alors qu’elle se fend de quelques pas sur le petit chemin de pierre. Les mains sont sages dans les poches et elle lui fait finalement face. « Personne ne vous a donc rien dit ? Je suis terriblement curieuse. Et je mets mon nez partout où il ne faut pas. C’est pire quand la personne m’est sympathique. » Elle ouvre grand les yeux comme si Silas devait dorénavant s’attendre au pire. « Vous êtes fichu. Ah, autant débuter vos prières à vos étoiles adorées, je vais vous arranger milles rendez-vous dorénavant. » La menace est tonitruante et elle grignote en quelques mouvements de sylphide l’espace qui les sépare afin de venir se ranger à ses côtés. « Dans ces moments-là, il faut s’adresser à Vénus non ? Ou peut-être qu’il vaut mieux se laisser aspirer par le trou-noir le plus proche et voir ce qu’il en résulte. » Elle s’arrête un instant avant de lever un regard perçant vers l’héritier des Avery. « On dit que le temps s’arrête quand on est aux abords d’un trou noir. Ou qu’il accélère ? Je ne sais plus. Je me suis toujours figurée que le cœur de la magie était juste là, en son centre. » Elle vient presser son bras mignonnement sur celui du professeur pour mieux l’inviter à continuer la promenade improvisée. Le vent glacé est revigorant et on ne peut plus à propos après la chaleur vaporeuse dans la salle à dîner des Shafiq. « Vous voulez que je vous avoue mes ambitions pour plus tard ? » L’enthousiasme est nacré. « J’aimerai tenir des salons avec la crème des mages de tout les continents. C’est un peu éculé et déjà fait je sais. Mais j'ai l'arrogance de croire que j'y apporterai une couleur différente. Et puis, j’aime tellement l’idée de continuer apprendre de cette manière, même si elle est un peu particulière je veux bien l’admettre. » Les lèvres se mordillent. « Je ne sais pas vraiment ce qu’il va se passer cela dit. C’est la première fois que je ne vois pas exactement où je mets les pieds. Que ce soit pour mes études ou pour le reste. Je suis en Arts Magiques, spécialisation archéomagie. » Il ne le savait probablement pas, elle n’a pas souvenir le lui avoir dit et en général quand on la présente à quiconque elle se doute bien que ce n’est pas ce genre de choses qui est mis en avant. « Je viens juste de terminer un long parchemin sur une couronne de confusion. Je crains manquer de courage, je n’ai pas… je ne me suis pas convaincue de la tester une seule fois. N’êtes-vous pas frustré parfois ? De ne pas pouvoir toucher vos étoiles alors que vous les observer avec tant d’intensité nuit après nuit ? » Elle lève son regard de jade vers le tissu céruléen sombre au-dessus d’eux. « Une bougie de Babylone pourrait fonctionner, non ? On dit qu’en allumant une bougie de Babylone et en y pensant très fort, on peut aller n’importe où. Bien sur personne n’est jamais revenu pour confirmer et il faut cent ans pour en confectionner une alors c’est un peu compliqué. » Elle a un sourire et vient glisser son bras autour de celui de l’astronome. « Allons, on couvrira les murs de votre pièce favorite d’or et d’horloges déréglées. Ce sera comme si ! »

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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Mer 26 Juil - 17:06


Ad Astra Per Aspera
Décembre 2022 @Queenie Nott

Ainsi, Queenie se proposait de venir à l’improviste découvrir les allées fleuries et touffues des jardins du domaine Avery. Son compagnon du soir esquissa un sourire et acquiesça du chef. Il lui faudra s’attendre à voir apparaître, par une belle journée de printemps, la silhouette gracile de la jeune sorcière derrière le portail en fer forgé du manoir. Cela ne sera pas pour lui déplaire. La présence de Queenie ne pourra qu’apporter de la gaieté à cette demeure trop longtemps restée sans vie et sans joie, emprisonnée dans la toile venimeuse qu’avait tracée son ancien propriétaire. « Vous serez la bienvenue, assurément ». La légèreté de la jeune sorcière, son sourire enjôleur et son air taquin étaient délicieux, comme un baume de joie de vivre posée sur l’âme. Au cours d’un instant, il parut à l’astronome que son interlocutrice se perdit dans une de ses pensées. Un voile éphémère sembla se poser sur son regard. Cela ne dura qu’un bref moment, presque le temps d’un battement de cils. Que s’était-il passé, alors, dans la conscience de la jeune femme ? Quelle était cette pensée venue assombrir ses prunelles qui, quelques secondes plutôt, pétillaient ? Ce qui se tramait alors dans l’esprit de la sorcière était un continent inaccessible. Silas laissa la conversation se poursuivre, souhaitant, dans le secret d’un espoir gardé coi, qu’il ne s’agisse que de nuages passagers. Néanmoins, notre homme connaissait assez le monde des sorciers pour savoir que les raisons de s’inquiéter et de nourrir quelques troubles pouvaient être nombreuses. Les fiançailles avec un héritier, plus âgé, d’une famille de premier plan, la poursuite des études, l’injonction à tenir son rang, tout cela pesait lourdement. C’était un lest dont il était difficile de se débarrasser. Si tel était le cas – Silas n’en savait rien –, autant faire de cette soirée une respiration bienvenue, une bulle cotonneuse où, le temps de quelques heures, seul le plaisir de la conversation comptait. Queenie reprit, d’ailleurs, cette assurance faite de malice et de grâce qui la seyait depuis le début de la soirée. Signe de cela, sa comparaison avec un poisson-clown fit mouche, déclencha un rire chez l’astronome. La jeune sorcière savait adroitement mêler les registres. Elle parvenait, depuis le début de la soirée, à rendre tantôt poétique, tantôt drôle, les divers sujets qu’ils avaient abordés. Les larmes, à n’en pas douter, n’avaient guère leur place sur l’élégant visage de l’étudiante sauf, bien sûr, si elles étaient de bonheur ou de rire. Notre homme releva, à nouveau, l’assurance dont elle faisait preuve. C’était remarquable. Il se rappelait bien qu’à l’âge de Queenie, il n’avait pas le dixième de son caractère affirmé, et encore moins de son audace.

« Vous m’avez traité d'étoile il y a peu. Est-ce que je perce votre carapace ? » Voilà qui confirmait l’audace dont, justement, nous faisions mention. Silas sourit franchement, amusé de la savante provocation que s’amusait à distiller la sorcière. Sur le même ton, à la fois léger et grave, il répond, malicieux : « Allez savoir. D’ici la fin de la soirée, peut-être que votre éclat aura percé la frêle armure de votre humble camarade du soir ». Nouveau sourire de s’étirer sur les lèvres de l’astronome. Pour être honnête, Silas aurait pu reconnaître que le charme subtilement envoûtant et désarmant de la sorcière l’avait conduit à livrer plusieurs pans de son passé. S’il avait une carapace, celle-ci n’avait pas résisté bien longtemps. La sorcière en question, d’ailleurs, acquiesça à sa proposition de gagner les jardins. Elle revêtit une capeline verte tout en soulignant que le minotaure, bien malgré lui, était condamné à une sinistre réputation. Oui, il n’était pas pour grand-chose dans le malheur qui frappa les siens. Après tout, tout était de la faute, comme souvent dans les mythes, d’un humain dont l’hybris avait pris le pas sur la raison. Minos, en effet, aurait dû se rappeler à qui il devait son trône, ne pas se laisser griser par le vertige de trop grands succès afin de ne pas offenser Poséidon. Le mythe fonctionnait ainsi comme un sage rappel à destination des mortels. L’astronomie, du reste, en était le miroir. Les astronomes anciens nommèrent les constellations boréales d’après les mythes. Mais ils ne le firent pas au hasard : le ciel, comme le texte, doit avoir un sens. Ainsi, la constellation du Grand Chien, où Sirius est la plus brillante étoile, est-elle à côté de celle d’Orion afin que le célèbre chasseur est son fidèle acolyte ne soient pas séparés. Orion était un chasseur trop confiant, tué par un scorpion. La constellation du Scorpion est ainsi placée à l’autre bout du ciel, à l’opposé de celle d’Orion, pour que les deux ne se recroisent pas. Et que dire de Cassiopée, reine trop orgueilleuse. Pour avoir offensé les Nymphes, elle est condamnée à être enchaînée à son trône et à tourner autour du Pôle Nord, la tête en bas. Les constellations voisines partagent son histoire ; ce sont Céphée, Andromède, Persée et Cetus. Aussi, la voûte céleste, pour qui s’y attarde un peu, fourmille d’enseignements à destination des mortels. Les mythes ne sont pas que des histoires inscrites sur du parchemin ; ils sont écrits sur les étoiles.

Ils étaient maintenant dehors, l’air frais tranchant avec la chaleur de l’intérieur. « Vous êtes terriblement optimiste, Silas. Qui vous dit que ce n’est pas moi le Minotaure ? » Après tout, elle avait peut-être raison. « Alors je suis perdu » répondit-il, malicieux. « Si le Minotaure s’était fait aussi charmant que vous, aussi bon compagnon de tablée, alors Thésée, comme moi, se serait fait prendre au piège, même avec toute l’aide d’Ariane ». Silas hocha la tête, souriant. Curieuse ? À l’évidence, Queenie l’était. Chez elle, ce défaut semblait aisément pardonnable. « Et j’imagine que vous arrivez toujours à vos fins ? Vous parvenez à savoir que ce vous souhaitez connaître, non ? Redoutable ! » Son regard brillait d’une étincelle amusée et joueuse alors que la jeune femme lui promettait de se muer en Cupidon, en moins joufflu, cela va de soi. « La prière est sans doute la seule issue qu’il me reste… » Sa voix resta en suspens. Il pencha la tête vers Queenie et, un ton plus bas, poursuivit : «  Cher Minotaure, me voilà perdu dans votre labyrinthe ». Il releva la tête, laissa éclater un rire clair. Au gré de leur marche, l’espace les séparant s’était resserré, rapprochant les deux silhouettes qui se détachaient dans l’obscurité du jardin. Les petites lumières installées par les Shafiq les éclairaient par moments. Leurs pas s’arrêtèrent un instant, le temps pour la sorcière de s’interroger sur les trous noirs. « Oui, la magie est forte au cœur des trous noirs. Votre intuition est la bonne : il s’y joue là quelque chose de primordial, mais qui nous est masqué, occulté par ces ténèbres insatiables ». Le bras de la jeune femme vint délicatement se presser contre celui de l’astronome. Celui-ci sourit, secrètement, surpris de la réception des Shafiq. Alors qu’il s’y était rendu sans réelle attente, anticipant une soirée rythmée par des échanges convenus avec le gratin du petit monde magique, l’arrivée de la jeune sorcière, à la place à côté de la sienne, à table, avait tout changé. Son apparition fut d’abord la satisfaction de revoir un visage connu, sans être familier. Ce fut ensuite une véritable rencontre, au point que les autres convives se sont progressivement parés d’un voile terne, rendant leur fréquentation bien fade à côté de l’étoile du soir, drapée dans sa robe pâle et sa capeline d’émeraude.

La conversation en vint à porter sur le futur de Queenie ou, du moins, sur la manière dont elle l’envisageait. Le projet qu’elle développait, au fil de ses paroles, prenait vie et, d’ailleurs, semblait déjà bien arrêté. « C’est un beau projet, Queenie, sincèrement. Qu’importe que certains aient eu, par le passé, la même idée. Cela n’enlève en rien de sa valeur. Bien au contraire même ». Il marqua une pause. « Je suis sûr certain que votre projet, s’il voit le jour, saura apporter quelque chose d’autre. Avec vous à la tête de ce salon, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement ». L’astronome lui sourit avec douceur, posant son regard dans ses prunelles. « Ce projet ne pourrait-il pas être un fil directeur ?  Une ambition qui vous guide, qu’importe le chemin que vous empruntez ? Aussi, même face à l’incertitude d’un futur changeant, vous auriez, en levant la tête, un point de repère à l’horizon ». Il leva un instant les yeux, dardant ses iris sur la nature, baignée d’obscurité, qui les entourait. « En plus, cela me semble être en accord avec vos études. D’ailleurs, à quoi vous destinez-vous, une fois celles-ci terminées ? Souhaitez-vous vous concentrer entièrement au salon ou ne serait-ce qu’une occupation tierce, à côté d’autre chose ? » La jeune femme parla ensuite l’achèvement d’un travail sur une couronne de confusion, exprimant au passage une forme de frustration. « La frustration est une vieille compagne, pour qui se frotte à la connaissance ». Silas savait que sa réponse n’était guère convaincante. Il aurait bientôt l’occasion de préciser sa pensée. La sorcière mentionna une bougie de Babylone. L’astronome sourit et, levant à son tour le regard vers le ciel, ajouta : « Je ne crois pas que ce soit la bougie qui fasse quoi que ce soit, mais bien l’intensité avec laquelle l’on pense au lieu. Voyez-vous, c’est comme une baguette magique. C’est le sorcier qui la manie, non la baguette en elle-même, qui importe ». Sa voix demeura quelques secondes en suspens, avant qu’il poursuive : « C’est vous, Quennie, qui importait. Ne vous laissez pas décourager ». La jeune femme passa alors son bras autour de celui de Silas. Les horloges déréglées et l’or étaient de belles promesses. « Va pour cela » souffla l’astronome qui, à cet instant, nota quelque chose dans le ciel. Il n’avait pas vraiment répondu à la question de sa complice du soir à propos de la frustration de ceux qui contemplent le ciel sans jamais l’approcher. Il était, pour Silas, difficile d’expliquer ce rapport étroit qu’il entretenait avec son objet d’études. Pourquoi, en somme, avoir choisi les étoiles et pas autre chose ? Il posa sa main libre sur le bras de Queenie enroulé autour du sien puis la leva vers le firmament : « Regardez, là-haut, juste au-dessus du sapin ». Il montra une étoile qui brillait dans le ciel. Elle faisait partie d’une constellation dont les autres astres étaient masqués par le sapin en question. « C’est Bételgeuse, l’étoile la plus brillante de la constellation d’Orion ». Un sourire flottait sur le visage de l’astronome. « Voilà pourquoi je ne suis pas frustré d’être condamné à ne pas toucher du doigt les étoiles. Le plaisir simple de les redécouvrir, lors d’une nuit comme celle-ci, garde pour moi un charme qui jamais ne s’altère ». L’atmosphère calme qui les entourait l’encouragea à continuer. « Et puis, nous avons parlé  un peu plus tôt, du mouvement des objets célestes qui influence la magie. Je ne m’intéresse pas aux étoiles uniquement pour elles-mêmes, mais pour leur influence sur nous. Voyez-vous, à travers elles, c’est nous que je cherche à comprendre ». Il fit une courte pause, laissa les mots qui lui venaient s’exprimer : « La magie est, même pour nous, une grande interrogation, une grande inconnue. En étudiant les étoiles, je ne cherche qu’à lever, très partiellement, le voile qui pèse sur nous ». Il esquissa un sourire. Elle était là, la raison de sa passion. A travers les étoiles, c'est le mystère même de leur existence qui se dévoilait. « Les étoiles sont une fenêtre sur l’Humanité et, plus particulièrement, sur sa partie magique. Il en va de même pour vous et vos études, y compris sur votre couronne de confusion ». La légèreté de son ton avait peu à peu laissé la place à une douceur empreinte de gravité. « À travers vos études, vous enquêtez un peu sur le grand mystère que représente la magie et, ce faisant, vous éclairez une partie de nous-mêmes ». Un bref rire s’échappa de sa bouche. Sa voix redevint légère. « Je ne sais pas si je suis très clair, ni-même si je réponds vraiment à votre question ».

Autour d’eux, sous un voile de velours éthéré, la nuit s’était déployée. Un ballet d'astres brillants, tels des lucioles, illuminait à présent le ciel de jais. La lune, douce sentinelle, veillait sur ce spectacle tandis que les étoiles dansaient. Pétales de lumière parsemant l'infini du firmament, elles s'offraient à la vue des deux sorciers. Ces constellations aux noms mythiques tissaient des histoires, des légendes d'autrefois, que la fraîcheur de l’air murmurait aux oreilles des deux convives. Un silence presque sacré enveloppait cette nuit où les cieux dévoilaient timidement leur splendeur. Apparaissant dans une telle apothéose, l’obscurité n’est pas effrayante ; enchanteresse, elle est un horizon qui s’ouvre à l’infini. Elle invite les âmes rêveuses à vagabonder dans ses méandres où brillent d’éphémères et célestes éclats d’éternités. Goûtons, un instant, cette communion entre les deux complices déambulant dans le jardin et le ciel au-dessus de leur tête. La clarté des étoiles ceignait leur front d’une couronne céleste. Elle semblait leur murmurer qu’une telle nuit, source d'inspiration, les rendait tous les deux un peu plus étoiles.
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Sam 29 Juil - 16:55

Ad Astra Per Aspera
Queenie & Silas

« Dark was for stars and dreams and the magic that took place in between days. »


La mécanique du cœur s’enraye en une embardée tranquille. Elle se sent choyée, la ouate agréable, le cocon protecteur. Il s’exprime avec une tel douceur que ses sens s’apaisent sous le velours, que l’âme se fait ronronnante, à l’image d’un chaton prenant ses quartiers sur le sofa le plus moelleux de la pièce. Elle prend note d’aller le voir une fin de semaine et ce rapidement. Elle veut voir le manoir Avery, l’aura qu’il a lui-même su sans nul doute imposer aux lieux. L’idée de pouvoir deviser en sa compagnie dans un nouveau décor lui plait et elle est si prompte à céder à ses propres caprices après tout, tout du moins quand ils lui paraissent si raisonnables.

Ils le sont, n'est-ce pas ?

Le dôme de nuit est une toile infinie au-dessus d’eux, l’air frais un heureux contraste avec la chaleur propre aux fins de dîners sous des candélabres puissants. Encore un peu et ils vont entièrement réécrire un mythe. Le sourire fond sous la perspective. Elle est terriblement flattée malgré elle. Les cils se font lourds et se courbent sous la joie, le teint prend la couleur de la lune. Elle n’a jamais su rougir, son sang se retire au lieu d’affluer quand elle se sent prise au dépourvu. Cela lui a valu tant de méprises et si souvent qu’elle n’y prête plus vraiment attention. On la croit momentanément indisposée quand c’est tout le contraire. Plus d’une fois, elle s’est demandée s’il s’agissait là d’un prélude à la malédiction des Greengrass, si ce n’était pas un signe que c’était son sang à elle qui en avait hérité mais elle balaie l’idée. Il arrivera ce qu’il arrivera. Certains kraken ne s’affrontent qu’une fois que les voiles sont toutes tendues, pas avant.

« Et j’imagine que vous arrivez toujours à vos fins ? » Elle secoue le visage, l’éclat émeraude des iris se voilant de façon éphémère malgré le sourire bien présent. Ce matin encore, sa leçon d'occlumencie n'a pas été des plus agréables mais Silas n'en sait évidemment rien. « Vous parvenez à savoir que ce vous souhaitez connaître, non ? Redoutable ! » Il y met un tel charme qu’elle ne résiste pas et rend les armes sous la forme d'un rire aérien. « Oh, très bien. Je m’en voudrais de vous décevoir tout à coup. Je vais dire que j’y parviens toujours et que je suis toute puissante. Une véritable Circé sur son île. » La moue se forme, les reflets irisés sur son rouge à lèvres propre à l’euphorie du moment. « Cher Minotaure, me voilà perdu dans votre labyrinthe » Le ravissement lui emplit les bronches comme un parfum enivrant. « Ah vous vous moquez maintenant ! » Il a un rire aussi clair qu’un cours d’eau en pleine forêt un jour d’été et elle se laisse bercer à nouveau. Est-ce qu’il sait au moins qu’il lui fait l’effet d’un oasis en plein désert ? Que tout a été si erratique ces derniers temps que les pétillements plein d’espièglerie qu’elle peut voir dans ses grands yeux bleus lui procurent le même espoir que les étoiles filantes. Elle n’aime pas se fier au hasard ou à la providence mais elle a les reflexes innés de celles qui aiment à emprunter les chemins inconnus. Elle œuvre toujours à son confort, à sa survie, la curiosité en étendard et Silas, sans même s’en apercevoir, est un radeau solide, le bois épais et agréable. Elle vient s’y accrocher discrètement, le geste élégant et sage, la main posée sur l’avant-bras de l’astronome. Elle le devine courageux à sa manière. Le ciel a quelque chose d’effrayant dans sa beauté, en contempler les tréfonds sans fléchir a quelque chose de vertigineux en soi. « Vous n’avez pas l’air d’en avoir peur. » offre-t-elle dans un sourire. Elle se demande ce qui a pu le pousser vers cette matière ? Elle y voit un reflet chatoyant de sa propre fascination quand elle étudie un artefact avec l’idée d’en démêler les secrets. On se sent si insignifiant alors  face à l’immensité des possibles.

Elle lui livre ces idées d’avenir qui ne sont finalement qu’encore au stade d’ébauches. Les chemins devant elle s’avère trop mouvant pour qu’elle ne puisse encore rien fixer. Elle ne sait toujours pas ce qu’elle doit faire, elle ne sait pas si elle doit épouser Adrian, elle ne sait pas où placer certains convives, ne sait pas si elle doit vraiment aller au bal ou si c’est juste un caprice mesquin qui l’habite. Elle ne sait même pas si elle a envie de partir de chez elle pour une demeure inconnue. Freyja et Arya auraient normalement été rochers solides mais les deux se sont éloignées d’elle sans qu’elle ne puisse rien y faire. Elle avait beau pressentir que la chose arriverait maintenant qu’elles avaient quittés les rivages rassurants de Poudlard et s'étaient éparpillés sous les pulsations de vies tonitruantes, il ne lui restait plus rien pour s'appuyer sous les tempêtes. « Ce projet ne pourrait-il pas être un fil directeur ?  Une ambition qui vous guide, qu’importe le chemin que vous empruntez ? Aussi, même face à l’incertitude d’un futur changeant, vous auriez, en levant la tête, un point de repère à l’horizon » Elle est presque surprise et darde un regard émeraude vers celui azur du professeur qui déjà, se tourne vers les astres environnants. Le bras se serre inconsciemment contre le sien. Elle est presque tentée de le remercier sur le moment mais se reprend in-extremis. On ne montre pas ses faiblesses comme ça voyons et elle se contente d’un sourire tremblant. « Mmm, je ferai ça. » La légèreté revient dans un vague de nacre sur sa langue. « Un point dans l’obscurité, une aide précieuse dans les labyrinthes, nous voilà seuls mais parés face à l’adversité mon cher professeur. » Elle réfléchit un instant. Marcher lui fait du bien, le corps en mouvement a toujours eu quelque chose de bénéfique sur elle, comme si le cœur trouvait son compte dans l’activité et la vivacité des sens. La théorie ne prend forme que sous un empirisme certain chez Queenie. « En toute honnêteté, je ne sais pas encore. Et croyez bien que j’ai horreur de dire que je ne sais pas quelque chose. » Elle le regarde comme s’il était soudainement responsable de cet aveu. Le froussement de lèvres a quelque chose de dépitée qui fond comme neige au soleil. Silas ne semble pas mal la juger ni ne compte se servir de cette confession pour la meurtrir. « Mais il faut bien admettre que c’est vrai. On m’a dit que j’étais changeante. » Le reproche lui fait froncer les sourcils. « Je ne pense pas que ce soit totalement vrai… Vos étoiles ont l’air d’être fixes elles aussi. Elles sont épinglés au mur du ciel et voilà. » Pauvres étoiles. « Sauf que tout l’univers bouge sans arrêt alors, elles tournent aussi. Elles n’ont pas le choix que d’être changeantes. » N’est-ce pas ?
Elle a un petit sourire en l’entendant se montrer si généreux dans ses appréciations et ses conseils. Elle ne sait pas si c’est son statut d’enseignant qui lui confère cette adorable aptitude à voir le meilleur chez elle ici et maintenant ou si c’est simplement une expression profonde de son caractère mais les mots qu’il a sont un miel régénérant à ses lèvres.

Elle lève son visage vers les cimes, suit d’instinct la façon dont il bouge et s’ajuste. « Vous cherchez à savoir comment les étoiles nous enquiquinent ? » Elle provoque sciemment. La légèreté revient en sacerdoce. On prie aux étoiles, on fait des vœux, des poèmes. On se fait avoir en somme, non ? Il met tant de grâce quand il en parle qu’elle n’a pas cœur à le houspiller plus qu’elle ne le fait déjà. « C’est Bételgeuse, l’étoile la plus brillante de la constellation d’Orion » L’étoile aux reflets oranges s’étalent dans le vert de ses iris. Le grand chasseur perdu par un tout petit scorpion venimeux. « On dirait un bonbon à la citrouille. » Murmure-t-elle plus pour elle-même que pour Silas. La brune glisse ses mains dans les poches de sa capeline cette fois-ci et s’avance de quelques pas sur le chemin, le nez en l’air. « Vous êtes très clair. C’est même source de confusion la façon dont vous parvenez si bien à vous faire comprendre. » Elle lui décoche un regard amusé, l’invitation tacite à continuer leur promenade dans le jardin. « Je me demande bien quel effet aurait sur vous la couronne de confusion maintenant. Le sortilège qui s’avère coincé dans cette couronne en fer forgé promet visiblement trente-six chandelles à celui qui la porte, voyez-vous... enfin peu importe. J’ai vraiment été tenté de l’essayer juste pour voir mais père est extrêmement sévère sur l’usage des artefacts. Etudier est une chose, y tomber tête la première en dépit du danger que certains portent en leurs cœurs en est une autre. » Elle a un petit mouvement d’épaule coquet. « C’est parfois tentant… comme j’imagine que c’est tout aussi engageant à vos yeux de ne rester qu’avec votre gigantesque télescope et vos précieux ouvrages certains soirs. » L’hiver a sorti son pelage sur la végétation et elle se penche un instant sur une fleur aux pétales glacées. Il va falloir revenir vers la fête suppose-t-elle mais la promenade lui a fait le plus grand bien. Toute cette soirée en vérité. « Si je vous trouve une épouse, » Le rire est fin, la mélodie pleine d’un amusement léger. « J’ai dit si, ne paniquez pas. Mais si je peux le faire, il va falloir qu’elle ne soit pas très jalouse. On ne rivalise pas vraiment avec la quantité astronomique d’étoiles et de planètes qu’il y a sur le firmament. D’autres exigences ? » Elle penche son visage. Blonde comme les astres, rayonnante comme une supernova et aussi déliée qu’un corps céleste mouvant. « Vous avez le droit d’en avoir… combien de points à Orion ? Mmmm. » Elle lève son visage à nouveau vers l’astre que pointait Silas et lève son doigt pour compter le nombre d’astres lumineux visibles. « Huit ! Vous avez le droit à huit exigences. Pas une de plus. Choisissez sagement, Silas. » l’avertit- elle dans un sourire sucré.

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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Dim 6 Aoû - 20:09


Ad Astra Per Aspera
Décembre 2022 @Queenie Nott

À l’intérieur du manoir des Shafiq, dans les salons attenants à la grande salle où le repas avait été servi, la soirée se poursuivait. Des petits groupes de convives s’étaient formés. D’aucuns échangeaient sur les dernières directives de tel ou tel bureau du Ministère alors que d’autres, sans doute, livraient les dernières rumeurs qui agitaient le petit monde des sorciers. Les sujets de conversations, variés, animaient les pièces de la maison d’une sage effervescence, le tout sous le regard amical et bienveillant des hôtes du soir. À y regarder de plus près, deux convives manquaient à l’appel. Pour les trouver, il fallait porter son regard vers le jardin, à travers les larges fenêtres de l’imposante demeure qui accueillait cette agape. Le regard, aiguisé, devait percer l’obscurité pour saisir, dans le lointain, deux silhouettes dont les ombres se détachaient sous la Lune. Les deux silhouettes en question apparaissaient parfois, à ce regard, comme des ombres chinoises, notamment quand elles s’approchaient des petites lumières qui parsemaient le jardin. Suivons, justement, ce regard vers l’extérieur du château. Là, les douces loupiotes, sorte de luciole dansant dans la nuit, ainsi que les étoiles dardaient leurs rayons de lumière à travers les ténèbres. Là, deux êtres avaient arrêté leurs pas sous la voûte céruléenne. Là, ces deux âmes poursuivaient le chemin entamé, quelques heures plus tôt, au hasard d’un plan de table. Un chemin fait de confidences, de gentilles provocations et, surtout, d’harmonie. En effet, Queenie et Silas s’étaient, pour ainsi dire, bien trouvés, en cette nuit festive chez les Shafiq. Leurs conversations les avaient embarqués, comme des marins d’antan, dans un périple en eaux inconnues. À la différence d’Ulysse ou de Jason, par exemple, leur navigation fut agréable. Les voici donc, le nez en l’air, la frimousse tournée vers les astres. Sans doute ces derniers étaient-ils flattés d’être le centre de l’attention de ces deux êtres, surtout en cette soirée de décembre où, depuis les jardins, l’on perçoit les éclats de rire, les bribes des voix et le tintement des coupes s’entrechoquant, autant d’échos de la réception qui, à l’intérieur, bat son plein.

Alors qu’ils poursuivent leurs échanges, il sembla à Silas que le teint de sa compagne du soir pâlit. Était-ce l’effet de la clarté de la Lune qui venait poser ses rayons d’argent sur le visage clair de la jeune sorcière ? Était-ce l’effet d’une angoisse passagère ? Ou bien, plus certainement, la conséquence d’une raison qui échappait à notre astronome ? D’ailleurs, la nuit, les couleurs sont joueuses. Elles aiment à tromper les promeneurs, les conduisant sur des fausses pistes. Elles se jouent de l’œil humain, au gré des ombres, de la lueur des étoiles et de celle de Séléné. Aussi, peut-être était-ce seulement une fausse impression, un mirage d’une candeur soudaine montant aux joues de la sorcière. Celle-ci, d’ailleurs, se fend d’un rire léger alors qu’elle évoque à Circé. La comparaison tire un sourire amusé à notre homme. N’est-elle pas la plus ancienne, si ce n’est la première, des magiciennes ? Homère lui accole l’épithète de « perfide » ou encore « aux mille poisons ». Elle est alors Circé polyphármakos. Mais elle est aussi « terrible » et « divine », signe qu’elle aussi obtient ce qu’elle veut. Après tout, à bien y réfléchir, la comparaison est bien trouvée, polyphármakos en moins, bien sûr. Son regard quitte un instant les étoiles pour se poser sur le Professeur à son bras. « Vous n’avez pas l’air d’en avoir peur », lance-t-elle dans un sourire. L’intéressé dodeline de la tête. En réalité, le ciel est infiniment moins inquiétant que le reste du monde. La peur prend mille visages. Elle se cache derrière chaque ombre, derrière chaque silence, jusque dans les méandres de nos rêves. Elle est aussi un rappel, salutaire, face à la cruauté du monde. Surtout, la peur ne vient jamais son compagnon, l’espoir. Ils sont comme les ténèbres et une bougie. Dans l'obscurité, il nous faut garder l'espoir allumé car, derrière son voile opaque, se profile la lumière qui révèle la beauté des étoiles. Un demi-sourire se dessine sur les lèvres du sorcier. « Me croiriez-vous si je vous confessais qu’en réalité, le ciel me rassure ? » Sa voix demeure quelque temps en suspens. « Le ciel est à la fois fixe et mouvant. Il est une certitude réconfortante. La nuit, comme cette nuit-ci d’ailleurs, il enveloppe ceux qui le contemplent. Les astres qui y flottent n’attendent qu’à être décrits et étudiés. Ils ne vous imposent rien ni, privilège plus confortable encore, ne vous tiennent rigueur de rien ». Il sourit. « Ce sont nos semblables qui sont effrayants. Et le ciel rassurant ». Il pourrait continuer. Rappeler les soirées d’étés, dans la demeure familiale des Avery, quand son oncle y vivait. Silas gardait un souvenir clair des diatribes haineuses de son oncle, de son désir de voir être instauré un ordre nouveau, fondé sur une hiérarchie qui trouve son origine dans le sang. Celui, à préserver, d’une minorité et celui, à verser, de tous ceux qui sont indignes. Rappeler, aussi, l’angoisse face au vide et au silence qui, terribles, avaient brisé son mariage après le drame qui les avait frappé. Oui, à bien y réfléchir, le ciel était plus rassurant. Silas ne laissa rien transparaître de ses pensées. Il avait toujours le même sourire sur les lèvres. Le passé ne l’effrayait plus. Simplement, il savait que, jadis, il avait eu peur et, alors, c’était dans le ciel qu’il avait trouvé le réconfort et l’apaisement.

La discussion se poursuivit et, nouvelle escale dans leur périple nocturne, aborda la question du devenir de Queenie. Son bras se serra alors un peu plus contre celui de Silas. « Un point dans l’obscurité, une aide précieuse dans les labyrinthes, nous voilà seuls mais parés face à l’adversité mon cher professeur ». Cétait joliment prononcé. Silas acquiesça. Une lumière dans l’obscurité, face à l’adversité. Voilà une promesse engageante et une source de confiance à l’heure d’embrasser un futur incertain. Leurs pas, quant à eux, n’étaient pas incertains. Ils continuèrent de les porter sur le sentier qui serpentait dans le jardin. L’astronome hocha la tête, esquissant un sourire amusé en entendant la jeune femme avouer qu’elle déteste ne pas savoir quelque chose. Allez savoir pourquoi, Silas ne doutait pas un instant de cette affirmation. Queenie poursuivit sur les étoiles, à la fois fixe et mouvantes. La métaphore que tissait la sorcière semblait s’adresser d’abord à elle. « Être de nature changeante n’est pas vraiment un problème, vous savez ». Il marqua une pause. « Vous avez raison, les étoiles n’ont pas le choix. Surtout, les étoiles ont été, si l’on croit les mythes et les astronomes anciens, placées là. Fixées dans le ciel, comme vous dîtes ». Son regard quitta les astres pour se poser sur la jeune femme. « Je suis un sorcier vieillissant, un vieillard aux yeux de la jeunesse dont vous êtes l’éclatante incarnation ». Il sourit, conscient d’avoir un forcé le trait par jeu. Mais cela permettait de donner un peu de légèreté avant de devenir plus sérieux. « Aussi n’ai-je pas vraiment de conseil à vous donner. Si ce n’est un, pour filer la métaphore de tantôt ». Il appuya son regard, sincère dans ses paroles. « Ne soyez pas comme ces étoiles-là, clouées dans le ciel. Choisissez votre place dans le ciel. De là, vous pourrez tourner autant que vous le souhaitez, faire graviter autour de vous les astres que vous aurez choisi. Être, en somme, aussi changeante ou fixe que vous le cœur vous en dit ». Nouvelle pause. Sa voix baissa, se faisant plus grave. « Ne vous laissez pas être clouée quelque part dans le firmament ». Un sourire réconfortant, quoiqu’un peu triste, passa sur son visage.

Leurs mirettes se portèrent à nouveau vers la voûte céleste. La délicieuse provocation de la jeune femme tira un nouveau rire clair à l’astronome. « Je me demande si ce n’est pas plutôt nous qui les enquiquinons à leur adresser mille et une prières alors qu’elles n’ont rien demandé ». Silas, alors, lui décrivit Bételgeuse, « ce bonbon à la citrouille », et Orion pour appuyer son propos. Son interlocutrice lui confirma qu’il s’était montré clair, évitant l’écueil d’abreuver son auditoire de détails lassants. « Je me demande bien quel effet aurait sur vous la couronne de confusion maintenant. Le sortilège qui s’avère coincé dans cette couronne en fer forgé promet visiblement trente-six chandelles à celui qui la porte, voyez-vous... enfin peu importe. J’ai vraiment été tenté de l’essayer juste pour voir mais père est extrêmement sévère sur l’usage des artefacts. Etudier est une chose, y tomber tête la première en dépit du danger que certains portent en leurs cœurs en est une autre ». S’imaginer un instant coiffé de cette couronne de confusion provoque un rire chez l’astronome. Taquin, il répondit : « Grâce soit rendue à votre père ! » Il rit à nouveau. « Ainsi couronné, je crains que mes défauts ne ressortent et l’emportent, me conduisant à je-ne-sais quelle folie. Ceci dit…je crois que cela ferait bien rire mes élèves. Peut-être pas le Professeur McGonagall... ».

Avec subtilité, la jeune savante revint sur l’épouse, encore à trouver, de Silas. L’insistance sur le « si » était délicieuse, prompte à susciter le rire. L’étincelle amusée qui brillait au fond des iris de la sorcière était, sous le ciel nocturne, communicative. L’astronome hocha légèrement la tête, une petite moue mi-amusée mi-faussement décontenancée sur le visage. À la mention d’Orion, son rire se fit plus franc. « Huit exigences…hmm… » souffla Silas, faisant mine de réfléchir. À voix basse, il murmura « Voyons, il faudrait qu’elle soit…à non plutôt comme ceci…ou alors comme cela » alors que ses yeux brillent d’une lueur joueuse. Puis relevant la tête vers la sorcière, posant ses prunelles dans celles de sa compagne du soir, il reprit, à voix haute : « En fait, je crois que si vous trouvez quelqu’un capable d’accepter un astre vieillissant tel que moi, je devrais bien l’accepter ». Son ton était volontiers faussement modeste. Toujours amusé, il continua : « Du reste, je vous laisse juge, Ô chère étoile. Si elle est capable d’attirer votre attention et de satisfaire à vos exigences, alors elle sera parfaite. Je vous laisse carte blanche, Queenie. Et puis, surtout, je compte sur vous pour faire la description la plus positive de moi, bien sûr ». L’astronome fit quelques pas sur le sentier, tendant son bras à sa comparse, l’invitant à reprendre leur déambulation nocturne. « Tiens d’ailleurs, comment vous y prendriez-vous pour présenter ma ‘‘candidature’’ ? À votre tour de choisir vos mots, sagement » lança-t-il dans le même sourire dont elle le gratifia tantôt.
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Mer 9 Aoû - 18:50

Ad Astra Per Aspera
Queenie & Silas

« Dark was for stars and dreams and the magic that took place in between days. »


Le soupir couve puis roule le long de sa poitrine. « Je vous crois. » C'est si rare chez elle que de prêter oreille et ajouter foi sans demander de preuves, sans exiger des gages, sans mettre en doute la parole de l'autre. Queenie a si facilement la méfiance en bandoulière et de la suspicion en guise de gloss brillant. Pourtant, cette fois ci, la halte à cet égard est perceptible. Peut-être qu'elle est fatiguée de douter de tout et de tout le monde, peut-être que Silas lui inspire plus d'abandon que ne le permet d'ordinaire sa raison. Ces derniers temps, les évènements ont un parfum d'incongru, les murs et la défiance qui vont avec laissent trop d'ombres sous leurs sillages. Ce n'est ni bon, ni mauvais, juste indescriptible et nébuleux. Elle en est venue à douter d'elle-même récemment, le sentiment aussi rare que déplaisant. Alors quand Silas parle avec une douceur savoureuse, du soutien tangible dans ses paroles moelleuses, Queenie l'écoute sagement, une curieuse lueur au fond des iris émeraude. elle le laisse deviser, s'abreuve au sentiment de sécurité qu'il suggère malgré lui - aussi éphémère soit-il. Il s'en rend compte n'est-ce pas ? Qu'il se décrit parfaitement en cet instant en parlant des astres - le réconfort dans le velouté de la voix, le regard azur qui enveloppe, les mots qui n'imposent rien, les gestes tous confortables.

Elle expire sereinement, consciente de ce qu'il se passe sans pour autant trop y donner d’importance. Voilà bien sa veine. Personne ne lui plait jamais vraiment. Oh, il y a des garçons qu'elle trouve joli évidemment mais c'est tout ce qu'ils sont à ses yeux, de charmants tableaux à contempler, avec qui on peut flirter un peu ici et là. Adrian a toujours pris trop de place, tout du moins jusqu'à maintenant, elle le sait . Et puis la forme touche rarement le fond comme c'est le cas ici, alors c'est facile. Elle se défend de tout ça d'un battement de cils boudeur. Peut-être que si elle fait l'aveu d'un de ses défauts, il va dire une énormité mais non, elle a beau lui donner en pâture le fait qu'elle soit changeante, la courtoisie nimbe chacun des propos du professeur et il s'avère aussi adorable qu'une couverture chaude un soir d'hiver. « Pas vraiment un problème... » marmonne-t-elle, un peu d'affliction dans la voix. Alors qu'on lui avait servie l’adjectif bien moins mignonnement la veille, exactement à la même heure.
Silas rappelle la différence d'âge, la courtoisie élégante en étendard. Le regard s'adoucit malgré elle, pétille d'une envie profonde de le contredire. « Vous ne me paraissez pas si vieux, voyons ! » Elle frousse ses lèvres et garde ses mains refermées au fond de ses poches tandis qu'un début d'effronterie vient caresser ses lèvres. « Pas pour quelqu'un qui a assisté à l'avènement des pyramides en tout cas. » Le nez se fronce pour de bon sous l'amusement et elle secoue son visage en dernier signe de protestation. Le voir mettre une conviction inébranlable dans ses encouragements lui est tout juste ce qu'il lui fallait ce soir. Il vaut mieux s'en contenter et ne pas le mettre dans une position inconfortable.
Le nez se lève, un peu plus serein, tandis qu'elle se drape d’un calme féroce. « Rassurez vous, je ne me laisserais pas fixer, quitte à mettre le ciel sens dessus dessous. » Le sourire s'étend, plus étincelant encore, de la conviction lointaine en ses recoins. « Ce ne sera peut-être pas un mal d'ailleurs et vous aurez ainsi de nouvelles choses à étudier. De rien. »

L'hiver est des plus agréable ce soir. Elle a toujours aimé les réceptions des Shafiq. Sans doute cette impression chaleureuse que la famille aux origines indiennes sait donner dans les couleurs et les discours et qui perdure jusque dans les débats entre convives. La brune laisser couler un instant son attention sur le profil de l'astronome. Les traits réguliers, le sourire tout en retenue, l'aspect académique. Elle ne sait pas si les étoiles rappellent à Silas parfois son antique fiancée, s'il ne se surprend pas de temps à autre à regretter la nébulosité d'une relation dissoute au gré du vent et des tragédies. Elle préfère éviter de rester embourber dans des souvenirs opaques et elle bifurque suavement la conversation vers la couronne de confusion, change de registre, se revêt de légèreté. « Mais j'espère bien connaitre tous vos défauts justement ! Oh, trés bien... peut-être pas tous. Mais les plus croustillants. » L'idée la ravie visiblement. Il n'y a, à ses yeux rien de plus gourmand que les imperfections et autres petits vices cachés. « J'en ferai des friandises que je goberai à loisir. » La mention du professeur MacGonnagal se tenant solide sur ses gambettes devant qui que ce soit portant une couronne de confusion lui arrache un rire discret. « Je ne crois pas qu'elle tolérerait une telle extravagance, même provenant d'un éminent et très sérieux professeur. » Plus les années passent et plus la directrice de Poudlard distille une aura surprenante autour d'elle, mélange de sévérité et de pragmatisme peu commun qui fait qu'on ne peut que lui obéir quand bien même elle ne fait que suggérer la plupart du temps.

« Huit exigences...hmmm » Le teint s'illumine de curiosité chafouine. La voilà toute ouïe. Elle s'imagine qu'il va puiser dans le registre des étoiles alors elle pense qu'il va la réclamer blonde - comme les astres, rayonnante - comme une supernova, déliée - à la manière d'une étoile filante. Oui, elle attend qu'il confirme ce qu'elle s'imagine posément. Mais il se décide obstinément à la surprendre. Elle ne s'attendait pas le moins du monde à la réponse qu'il lui donne. Une moue surgit instantanément. Comme ceci ? Comme cela ? Le regard se plisse légèrement tandis qu'elle s'approche d'un pas tranquille, les mains toujours sages dans sa capeline verte. « Vous vous moquez pour de bon maintenant, Silas Avery. » Elle enrubanne le nom d'un peu de miel, se laisse gagner par une ombre de sourire face au retournement de situation. Oh, il est doué. Il devait être redoutable avant d'enfiler son tweed d'enseignant charmant. Tricheur. Elle ne le dit pas pourtant, le mot trop précieux pour être prononcé ici. « Je ne crois pas que j'aurai à beaucoup appuyer quoi que ce soit. Le nom est prestigieux et j'aurai juste à mentionner les grands yeux cobalt et le nombre d'étages à votre manoir. » Elle fronce le nez, la provocation facile vu que ce ne sont là que des raisons parfaitement superficielles, mais enfin, il va bien devoir admettre qu’elles sont aussi on ne peut plus effectives. « Ne faites pas le museau, ce sont d'excellents avantages. Il faut appâter les familles avant même de voir votre promise. Personne ne choisit vraiment... sauf moi. » L'expression se fait aussi onctueuse qu'une mousse au chocolat amer. « Moi, je choisis toujours. »

La chaleur du vestibule la fait soupirer maintenant qu'ils rentrent de nouveau à l'intérieur. Elle sort enfin ses mains de leurs doux cocons et remet sa capeline sur le crochet prévu à cet effet. « Vous ne m'en voulez pas si je présente en de simples termes votre cv ? Je suis quand même tentée de vous dire de m'en vouloir un peu, juste un peu. De quoi rester dans votre esprit. » L'index tapote les lèvres un court instant, l'air songeur envahit le visage. « Je pourrais ajouter rapidement que vous avez de l'esprit et que vous êtes des plus encourageants mais c'est un peu comme un gâteau dans la vitrine d'une pâtisserie. D'abord les couleurs et la chantilly, après les saveurs et le plaisir qui s'ensuit. » Est-ce qu'elle vient de le comparer à une part alléchante de confiserie ? Oui, parfaitement. Elle a au moins la décence de lui délivrer un petit air contrit juste après. « En vérité, je ne crois pas que vous ayez de quelconques difficultés à trouver une volontaire, vous aurez même sans doute l'embarras du choix. Vous verriez les alliances qui se forgent ces derniers temps, c'est à n'y rien comprendre. » Tout le monde sait l'utilité des mariages au sein de leurs castes: assurer une descendance sorcière, aussi pure et enchantée que la première baguette de Merlin lui-même. Cela expliquait aussi en partie pourquoi on leur imposait ces mariages aussi tôt. Il s'agissait tout simplement d'éviter des débordements ou des sentiments naissant de manière incongrus en dehors des chemins tout tracés. L'idée n'était basée que sur la magie et la façon dont elle coulait dans leurs veines. La préserver revenait à préserver l'essence même de ce que devait être un sorcier selon les vingt-huit. Bien sûr, les divergences existaient, les Shafiq, chez qui ce diner avait lieu, pensait que la magie était affaire de traditions avant tout et non pas véritablement de sang en lui-même. Avec eux, la fortune et la connaissance prévalaient sur une quelconque aptitude "naturelle". « Un Avery, célibataire sans lignée, héritier qui plus est et bien fait de sa personne et de sa tête... » Elle lui lance un regard aussi limpide qu'un fond de rivière un jour d'été. « Jouez-vous aux cartes ? Je vous aurai invités pour les échecs mais je les trouve si barbare. » Elle a un regard qui se veut complice vers Silas en voyant la matriarche en pleine partie avec sa petite fille. La tour est en train d'écraser consciencieusement un cavalier, des débris plein le plateau. « Vous voyez ? » chuchote t'elle en sa direction. Elle n'a pas le moindre goût pour ce jeu. Pas assez amusant, trop poussiéreux, trop expéditif aussi.

Le brouhaha de la pièce a quelque chose d'accueillant et elle a un sourire pour quelques invités épars tandis qu'ils reviennent à la civilisation et prennent place à une table de jeux. Les alcools forts sont servis dans de tout petits verres pas plus grands que des dés à coudre, les cafés nerveux et les thés apaisant circulent ici et là. Queenie s'empare d'un des jeux cartes sorciers à disposition, ceux-là n'explosent pas mais certaines figures y ont un très mauvais caractère. « Voyons voir les enjeux... » Elle fait mine de réfléchir avant qu'ils ne soient rejoints subrepticement par deux autres sorciers. « Un kem's sorcier, Avery ? Miss Nott ? » Elle échange un sourire de rigueur vers l'astronome. « Seulement si vous êtes dans mon équipe, Silas. » Et de battre les cartes avec le plus grand naturel qui soit alors que tout le monde s'amuse déjà à mettre sa baguette sur la table.

(c) DΛNDELION



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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Mer 30 Aoû - 16:53


Ad Astra Per Aspera
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Les ténèbres avaient enlacé le duo qui déambulait dans le jardin. Les bras de de nuit, volutes d’obscurité, s’étaient étendus autour d’eux. Les voilà donc, habillés d’un manteau de voile brume et de rosée, la tête levée vers le ciel et l’esprit parcourant les infinies contrées de l’alchimie de leur rencontre. Silas avait toujours aimé la nuit. Non pas qu’il soit un amoureux de la fête et autres beuveries. Il préférait les formes indistinctes, propres à l’imaginaires, celles que l’œil humain a du mal à discerner, à la clarté du jour. Et puis, de nuit, tout un autre monde prenait vie. Un monde inconnu, étrange et étranger. Un monde qui suscitait la crainte et la curiosité. La nuit, également, invitait à la mélancolie et à la réminiscence du passé. Deux traits de caractères de l’astronome. Parfois, Silas songeait qu’il était devenu astronome moins par amour des étoiles mais par amour de la nuit, du moins au début. La nuit était un silence d’ombres qui ravissait notre sorcier.

Cette nuit de décembre, cependant, était une nuit d’or et d’argent. Ce n’était pas uniquement du fait de la présence des astres qui illuminaient le ciel. Non, en réalité, si la nuit était d’or et d’argent, c’était grâce à la lumineuse présence d’une jeune sorcière, présentement aux côtés de l’astronome. Ce dernier se fendit d’un léger rire lorsque la sorcière en question mentionna les pyramides. « Imparable » souffla Silas, reconnaissant humblement la répartie de sa compagne du soir. La frimousse féminine s’était étirée en une moue amusée, quoiqu’un brin bravache. Queenie savait fort bien manier cet équilibre entre défi et contrition amusée. Ainsi, il semblait que l’on ne pouvait pas ne pas lui pardonner ses offenses ou ses gentilles piques. Cette pensée tira un sourire tendre au sorcier. Il posa ses prunelles sur la jeune femme. « Va pour le ciel sans dessus-dessous. Cette idée me plaît bien ». Il marqua une petite pause, un sourire amical sur les lèvres. « Et si vous vous décidez à briller, là-haut, accordez-moi la faveur de, parfois, ne briller que pour moi ». Il inclina la tête, les yeux pétillants.

Silas reporta alors son regard sur le firmament, sorte de toile de jais aux éclats de lumière. La discussion dévia sur ses exigences en matière matrimoniale. Le Professeur savait bien qu’il avait un peu triché avec sa réponse. Mais le jeu était trop tentant, et ce d’autant plus qu’il savait pertinemment que Queenie saurait lui répondre avec l’irrésistible impertinence dont elle faisait montre jusqu’à présent. « Mes défauts les plus croustillants ? » Sa voix demeura en suspens. « Voyons Queenie, n’avez-vous point encore compris le secret de ma personne ? Hum ? » Il était faussement sérieux, l’air sincère dans son interrogation. Puis, son visage se déridant en un sourire bravache, il ajouta, plus bas : « Je n’ai aucun défaut. Vous avez la perfection faite homme devant vous ». Il rit de bon cœur, content de son petit effet. Silas avait saisi que sa compagne de soirée était de nature curieuse, aimant percer les secrets de l’âme humaine. À ce jeu-là aussi, elle devait être redoutable. Silas ne doutait guère qu’elle ne tarderait pas à saisir les nombreux défauts de son caractère. « Mais qui sait, peut-être avec le temps parviendrez-vous à découvrir mes vilains défauts ? » Invitation amicale à ce que leurs échanges du soir se poursuivent dans le temps, au gré de leurs vies assurément mouvementées. « Moi ? Me moquer ? Si peu, Queenie Nott » répondit l’astronome, insistant comme elle sur son nom. D’ailleurs, elle aussi tricha un peu, se contentant de rappeler la taille du manoir familial et ses commodités. Silas fronça, amusé, les sourcils, le nez se froissant quelque peu. Quennie le nota, l’invitant à quitter cette mine sourcilleuse. Après tout, c’étaient d’excellents avantages. « Sauf vous ? Ça, je veux bien le croire ». C’était un luxe, une liberté rare. Silas reposa son regard sur Queenie, brièvement sérieux. « Voilà ma première, et seule, exigence. Qu’elle choisisse librement ». Il s’agissait d’un vœu pieux, formulé dans l’intimité d’une nuit d’hiver propice aux confidences, parfois un peu sibyllines. L’astronome le savait. Au sein des familles de sang-purs, l’on choisissait rarement. Du reste, Silas avait expérimenté la vie conjugale choisie et désirée. La perspective d’être imposé comme mari à une sorcière, sur la seule base de son nom et de sa renommée, ne l’enthousiasmait guère. Silas n’avait pas le cœur à proposer une prison, même dorée, à une âme éprise de liberté. Et encore moins d’en être le geôlier. C’était même l’une des principales raisons qui expliquait le peu d’entrain qu’il avait consacré à la quête d’une promise. La réalité de leur milieu et ses lois, cependant, avaient fini par s’imposer à lui.

L’homme redevint vite taquin, quittant cet éphémère air sérieux pour profiter du charme impertinent de son interlocutrice. Leurs pas, après avoir traversé le jardin, les avaient conduit vers la demeure qu’ils avaient quitté tantôt. Ils gravissaient les quelques marches qui donnaient sur le vestibule. Ils y pénétrèrent, goûtant la chaleur du manoir après la douce fraîcheur de l’extérieur. Queenie accrocha sa capeline à un crochet près de la porte. Silas posa la main sur la bande de cuir qui accrochait sa cape. Il la détacha et, après l’avoir époussetée d’un revers de main, la posa sur un autre crochet. La sorcière relança alors la question de sa présentation auprès du petite monde des sorciers. « Va pour une petite rancune alors. Bien que quelque chose me dit que vous seriez malgré tout restée dans mon esprit ». Il sourit. La jeune femme poursuivit. Se lançant dans une métaphore osée, elle le compara à une pâtisserie, une part de pâtisserie pour être précis. Silas ne s’y attendait pas, arquant un sourcil, le visage parcouru par une surprise amusée alors que ses lèvres s’étiraient dans un nouveau sourire. Vraiment, elle était redoutable. Un instant Silas se mit à songer à quelle pâtisserie il pourrait ressembler. Signe que, l’air de rien, la jeune femme était parvenue à se frayer un chemin dans l’esprit, d’ordinaire imperméable, de notre astronome. Chose rare, le sorcier hésita quant à sa réponse, bégayant un son inaudible. Son esprit était encore embourbé par le fait de trouver une pâtisserie à son image, d’autant que, face à lui, Queenie arborait un petit air contrits propre à déstabiliser une statue de pierre. Silas baissa la tête dans un soupir, avant de laisser échapper un petit rire. « Je...Je ne m’attendais pas à cette comparaison, Queenie. La manche est vôtre ». Il rit à nouveau, alors que leurs pas les conduisaient vers un des salons attenants. La jeune femme mentionna l’étrangeté de certaines alliances actuelles, puis elle se fendit d’un compliment. Son regard semblait plus clair – peut-être était-ce car ils étaient désormais à l’intérieur ? Silas le soutint un instant, dardant ses prunelles dans les iris de son vis-à-vis, avant d’incliner les têtes et d’ouvrir la main droite. « Merci pour votre compliment. Venant de vous, il est bien plus précieux ». Il lui sourit comme elle proposait, en montrant une partie d’échecs alors en cours, de se livrer à un moment ludique autour de quelques cartes. Silas n’était pas un joueur d’échecs non plus. Il n’avait jamais été passionné par cela. Il lui semblait que les joueurs y mettaient beaucoup trop d’enjeux comme si, du résultat d’une partie d’échecs, dépendait leur valeur intellectuelle. Ce n’était qu’un jeu, après tout. « Je suis on-ne-peut plus d’accord avec vous » lui chuchota-t-il également.

Queenie tenait dans ces mains un jeu de cartes, ramassé sur l’une des tables libres. Un des domestiques leur propose à boire. L’heure était aux digestifs et, parmi les convives, nombreux étaient ceux qui avaient un verre à la main. Silas estimait, sauf si la soirée venait à s’éterniser, qu’il avait assez bu pour le moment. « Plutôt une eau pétillante, si possible » glissa-t-il au domestique en question. Reportant son attention sur la jeune femme, il acquiesça à sa proposition de jeu. Alors qu’il allait dire un mot sur les enjeux, deux autres invités se joignirent à eux, leur proposant de lancer la partie. Silas lança un regard entendu à Queenie, lui signifiant qu’il avait bien l’intention d’être son partenaire pour la partie. À eux deux, ils risquaient bien d’infliger une sévère déculottée à leurs adversaires. Comme ils s’installaient, le domestique revint, portant un plateau sur lequel plusieurs boissons étaient posées, dont le verre d’eau pétillante, garnie d’une rondelle de citron vert, souhaitée par l’astronome. La partie commença et Silas reçu ses premières cartes. Taquin, l’astronome lança en direction de sa partenaire, afin de narguer gentiment leurs adversaires : « Chère Queenie, je pense que nos adversaires nos absolument aucune chance face à nous. Que pourraient-ils, face à une étoile et à son fervent admirateur ? »
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Dernière édition par Silas Avery le Mer 30 Aoû - 16:55, édité 2 fois
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Jeu 7 Sep - 19:30

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Queenie & Silas

« Dark was for stars and dreams and the magic that took place in between days. »

Les rires s’entremêlent dans un naturel envoutant. D’ordinaire, elle pousse un peu les gens hors des sentiers battues ; par bravade, par jeu, par curiosité aussi. C’est moins compliqué qu’il n’y parait et les masques tombent toujours un peu dans ces moments-là. Il suffit de trois fois rien en vérité, quelques mots, une moquerie, un regard appuyé, un mot que l’on rend léger quand il ne l’est absolument pas. Elle n’a jamais éprouvé le besoin de plaire à tout le monde tout simplement parce que c’est le meilleur moyen de plaire à n’importe qui. Elle doit pourtant bien avouer que Silas est trop agréable pour se risquer à lui montrer trop de ses nombreux défauts et elle a un petit froncement de nez délicat. Elle n’est pas légilimens, ne lit pas l’avenir dans les marcs de café pas plus qu’elle ne se targue de subtilités étranges mais elle sait voir les gens – tout du moins en est-elle fermement convaincue du haut de ses dix-huit ans. Queenie ajuste ses iris verdoyant à la luminosité des caractères. Il ne la sermonne pas, ne dédaigne pas plus que ça l’indiscipline de ses paroles et se paye même le luxe de venir voguer avec une intelligence sincère au-dessus du magma spirituel qu’elle déploie joyeusement.

C’est suffisamment rare pour qu’elle ralentisse d’elle-même, pour que le sourire s’étire discrètement dans un éclat véritable et pour que les réponses roulent sur une mer tranquille. « Va pour le ciel sans dessus-dessous. Cette idée me plaît bien » Le regard s’affute. « Ah, vous n’avez donc pas peur du chaos, me voilà rassurée. » Et comment le pourrait-il au vu de ses centres d’intérêts ? La nuit n’est que mouchetée de lumière après tout. On peut tout aussi bien les voir, les ombres de la nuit. Les silhouettes qui se mussent dans l’obscurité. Les ténèbres qui se matérialisent. Au même titre que les étoiles. « Sauf vous ? Ça, je veux bien le croire » Un sourire flotte, alangui sur ses lèvres églantines, pareil à une soirée d’automne. « On se laisse facilement convaincre quand le sujet est chatoyant. » Fait-elle en réponse à l’unique exigence. Cruciale aux yeux de l’astronome. Une base nécessaire, un univers en gestation. Peut-être qu’elle aurait dû avoir cette exigence aussi mais la seule qu’elle aurait pu formuler aurait été celle d’obtenir Adrian et maintenant, c’est exactement ce qu’on lui a offert, le plateau d'argent et les noces de neige éternelle.

Elle détourne le regard vers l’atmosphère chaleureuse et feutrée du salon des Shafiq. Peut-être qu’elle est trop difficile, trop tumultueuse, trop tout court. La liste s’avère non exhaustive. Le trouble éphémère la fait sourire, l’ivoire venant se planter un instant sur les lèvres. Les conversations aux alentours l’enveloppent d’effervescence naturelle, à la manière d’une vague qui s’abat sur la côte. Brutalement mais sans fracas assourdissant. Il y a une mélodie agréable à tout cela, quelque chose qui ne l’écorche pas, qui semble presque moelleux. Elle se sent presque en sécurité et c'est trop rare ces derniers temps, pour qu'elle ne le remarque pas.
Queenie s’installe dans une humeur légère à la table de jeu, échange quelques mots avec les deux adversaires d’un soir. Après tout, il s’agit d’un diner un peu particulier. Elle reconnait la sorcière aux cheveux violines et au nez retroussé et à la trentaine guillerette, comme l’héritière de la société Poudchem – grande garante de la poudre de cheminette en Grande-Bretagne. « Vous ne comptez toujours pas nous donner la recette de la poudre, Ignatia ? » Un léger sourire tressaute sur la sorcière animée, sans toutefois marquer plus l’impertinence. « Toujours pas. Le secret ne bougera pas plus pour les générations à venir. Pas même si tout les géants du monde envahissaient le pays ! » Queenie darde un regard appuyé vers Silas, un soupçon de rire au coin des lèvres. L’eau qu'il s'apprête à boire lui semble tout à coup une bonne idée mais elle n’a pas le temps de demander que les cartes se voient distribués.

« Chère Queenie, je pense que nos adversaires nos absolument aucune chance face à nous. Que pourraient-ils, face à une étoile et à son fervent admirateur ? » Il est audacieux d’annoncer ainsi sans ambages leurs victoires et, sans surprise, l’autre paire s’insurge dans des répliques bon enfant. Un rire ourle le regard émeraude. Elle renchérie avec légèreté, un peu de poudre à gratter qui se veut innocente. « Que pourraient-ils en effet ? Ils ne savent pas, les pauvres. » Elle prends ses cartes en éventail, les doigts aériens sur les figures anciennes. A peine une carte jetée qu’elle en prend une autre et que l’œil vibre silencieusement. Et bien, ils vont parvenir à une victoire dans une facilité quasi déconcertante en effet. Elle tapote la table d’une main qui se veut distraite car c'est maintenant que les choses se corsent.

Comment faire signe à Silas qu’il peut annoncer d’ores et déjà leur réussite ?

Elle suppose qu’il faut déjà distraire leurs opposants.

«  On m’a parlé d'éminentes rechercher dans vos locaux : la poudre de cheminette capable de nous véhiculer dans l’espace mais aussi dans le temps ? » La sorcière semble ravie que l’on aborde le sujet et se penche aimablement vers Silas, vers son vis-à-vis puis vers Queenie, à tour de rôle. La serpentarde mentirait si elle n’avouait pas que tout de même, l’idée semble absolument incroyable et merveilleuse et qu'il n'y a pas une véritable curiosité dans sa question. « Le rêve de mon grand-père. L’objectif de toute une vie : combiner la poudre de cheminette et le retourneur de temps. Malheureusement, vous vous doutez du côté prodigieusement fragile de ces deux éléments. Le Temps a ses propres exigences, l’Espace aussi. Combiner les deux semblent presque trop difficile et vous savez comme le ministère s’avère des plus sévères déjà sur l’utilisation des retourneurs de temps. Ils ont tous été confisqués, même ceux qui circulaient illégalement. » Elle a un petit regard vers Queenie qui répond d’un simple sourire sage. Son père a failli finir à Azkaban avec cette histoire de retourneur de temps alors en effet, elle est bien placée pour le savoir.

En attendant, elle darde le bout de son pied vers la jambe de Silas – tout du moins, espère-t-elle ici que c’est bien sa jambe – afin qu’il puisse comprendre qu’il peut dire « kames » sans plus attendre. « Certaines inventions méritent quelques ajustements lorsque mit à disposition du public. » Queenie est élitiste et rien n’y fera. Pas même le rire intrépide du mage à la peau bleutée, vieil explorateur de renom ayant avalé par mégarde une trop haute dose d’os de lutin de Cornouailles. La peau était dorénavant d’un bleu ciel chamarré et le vieil homme avait sa renommée parmi les potionnistes du pays. En vain, avait-il cherché un antidote à sa couleur excentrique. « Oh vous pouvez vous moquer, Ser Temlett mais tout les artefacts ne sont pas à mettre dans toute les mains et toute les inventions magiques non plus. » « Il faut savoir mettre à l’épreuve d’un plus large public ce que l’on sait être une avancée pour notre société, miss Nott. Omnibus idem. » Queenie fait semblant d’échanger une carte tandis qu’un nouveau tour de cartes se déroulent. Elle surveille du coin de l’œil les deux adversaires puis ose un battement de cils vers l’héritier des Avery. « Generis nobilitas, virtus ? » Ce qui ressemble à un grog épicé est déposé devant la sorcière tandis qu'un verre aussi petit qu'un dé à coudre est posé devant le vieux mage. Oh, elle aurait dû prendre un thé mais une fois de plus, elle n'en a pas le loisir. « Vous vous regardez souvent ! » Ignatia plisse son regard de l’un à l’autre tandis que Queenie ouvre une bouche ronde de consternation. « Il est en face de moi ! Si vous croyez que je ne vous vois pas  faire du morse avec votre doigt en direction de ser Temlett. » « J’ai des fourmis dans les doigts ! » Un battements de cœur puis un rire menace les deux sorcières.

(c) DΛNDELION



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Dernière édition par Queenie Nott le Jeu 7 Sep - 21:06, édité 6 fois
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Sujet: Re: Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery
Jeu 7 Sep - 19:30
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Ad Astra Per Aspera ft Silas Avery

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